Archive for the 'analyse' Category

26
Août
08

Québec: je te comprends…

Contrairement aux Québécois « de souche », la relation des immigrants envers le Québec n’en est pas une de souvenir mais de compréhension. En effet, alors que les Québécois indécis à propos de la souveraineté doivent faire un effort de se rappeler leur histoire, les immigrants eux doivent faire un effort d’étude et de compréhension. Si le slogan pour les Québécois est « je me souviens » alors pour les nouveaux arrivants, il devrait être : « je te comprends »!

Pour moi la souveraineté du Québec est devenue une évidence. Et je crois que si des Québécois sont encore indécis, c’est qu’ils souffrent de quelques blancs de mémoire. Du côté des nouveaux arrivants, je crois qu’il s’agit simplement d’une ignorance presque générale de l’histoire et l’identité du Québec. Cela est dû en partie soit par leur manque de curiosité et de respect envers leur société d’accueil ou bien par une conviction illusoire qu’ils sont simplement dans une province comme les autres du Canada.

En tant qu’immigrant de première génération, je voulais donc simplement essayer de partager avec vous ce que j’ai compris de l’histoire et l’identité du Québec et ce qui m’a amené à défendre et promouvoir la souveraineté. J’espère ainsi enrichir comme je peux ce combat, et amener les immigrants à se situer dans celui-ci.

L’ouverture sur le monde, l’ouverture sur le Québec

Je suis né au Mexique d’un père mexicain et d’une mère française. Mon père travaillait comme professeur et chercheur dans ce qui est parfois considéré comme l’université la plus importante du monde hispanique. Malgré cette position favorable, il pensait qu’il pouvait trouver encore une meilleure situation aux États-Unis ou au Canada pour lui et pour nous. Par circonstances plutôt que par véritable connaissance et amour du Québec, il a accepté une offre à l’université McGill. J’avais seulement deux mois quand nous sommes arrivés. J’ai donc vécu toute ma vie ici, mais je suis allé toute ma scolarité dans un établissement du programme d’enseignement de France où la majorité des élèves étaient des immigrants comme moi. Ma seule véritable fenêtre sur la culture québécoise a été la télévision : le hockey, RBO, les Bye-bye, Cent limites, etc. C’était des excellentes expériences, mais cela ne m’a jamais fait comprendre en profondeur le contexte historique de la société dans laquelle je me trouvais.

Étrangement, je pourrai dire que mon sérieux intérêt pour le Québec a commencé à cause des (ou grâce aux) évènements du 11 septembre 2001. Je n’avais que 17 ans, mais cette attaque m’a fait poser beaucoup de questions sur le monde dans lequel je vivais. Je ne pouvais pas accepter les interprétations simplistes des grands médias et je me suis donc mis à faire des recherches, surtout sur Internet. Cette volonté de vérité m’a ouvert les yeux sur la réalité politique et historique de notre monde, et j’ai ainsi pu mieux nuancer mes analyses. J’ai compris, et je le constate encore, que nous ne vivons pas dans un monde très rose. La terre est comme un vaste champ de bataille où des forces politiques, économiques, religieuses et autres se font la guerre dans une volonté soit de domination ou alors de liberté.

Le flambeau de l’humanité dans les mains du Québec?

La révolution américaine est un excellent exemple d’un combat gagné pour la liberté. Qui aurait cru que ces petites colonies pouvaient renverser le plus grand empire du monde à l’époque? Qui aurait cru qu’ils réussiraient à gagner cette guerre et instaurer la première république de l’histoire moderne? Grâce à leur constitution et leur respect des droits de leurs citoyens, les États-Unis sont devenus en quelques années la référence sociale, économique et politique du monde. Ils ont pavé la voie pour les révolutions françaises, haïtiennes, les révolutions bolivariennes des colonies d’Amérique latine, la création des républiques en Europe, etc. Ce petit peuple d’Amérique du Nord a réussi à changer radicalement la face du monde en moins d’un siècle. Mais depuis environ 50 ans, les États-Unis ont graduellement perdu ce statut privilégié, et se sont transformés en empire, perdant ainsi leur statut de civilisation. La question se pose : qui va prendre la relève? Pas en tant qu’empire, mais en tant que civilisation phare pour l’humanité? Et pourquoi pas le Québec?… Pourquoi pas?

• Je comprends que des Français ont habité le Canada avant les Anglais;
• Je comprends que ces colons Français ont bâti le Canada à la sueur de leur front, faisant face à des conditions souvent très difficiles;
• Je comprends que l’empire britannique a vaincu la France et colonisé les Canadiens français;
• Je comprends que les Canadiens français devenus Québécois se battent pour leurs droits politiques, économiques et culturels depuis plus de 240 ans;
• Je comprends que la réaction de l’empire britannique a été une réticence violente et même raciste aux aspirations légitimes et naturelles du peuple québécois;
• Je comprends que le Québec a montré une combativité, une patience et une maturité authentique à travers ces décennies de revendications;
• Je comprends que le gouvernement fédéral canadien a été installé afin de concilier les aspirations politiques de tous les Canadiens et la volonté de la couronne britannique de maintenir un contrôle total sur le territoire;
• Je comprends que le gouvernement fédéral, voulant garder son hégémonie, a empêché le Québec de se développer librement;
• Je comprends que la relation politique actuelle entre le Québec et le gouvernement fédéral les limite et les contraint mutuellement;
• Je comprends que les valeurs et les aspirations du Québec sont particulières et légitimes et que leur seul moyen de se réaliser passe par la souveraineté politique du Québec.

C’est ce que j’ai compris, et c’est ce qui me force à reconnaître la légitimité de ce combat. La souveraineté du Québec ce n’est pas un projet capricieux, irrationnel ou enfantin de quelques hurluberlus; pas du tout. C’est un projet nécessaire qui se voudrait la conclusion positive d’un combat d’un peuple pour la revendication, l’affirmation et la libre expression de ses droits.

Une civilisation québécoise?

Je pense avoir compris cela parce qu’en étudiant le monde actuel et notre histoire moderne, je réalise à quel point j’ai été privilégié de vivre au Québec. Plus j’en apprends, et plus je suis content de vivre ici, et pas en France, au Mexique ou aux États-Unis. Le modèle social québécois est véritablement un exemple pour tous. Ce n’est pas une société parfaite comme aucune ne le sera jamais, mais c’est une société qui a démontré jusqu’à maintenant que malgré les traitements difficiles qu’elle a reçu depuis sa subordination au pouvoir britannique, elle ne cherche pas la vengeance. Elle ne cherche pas à faire souffrir les autres comme elle a souffert, mais cherche plutôt à aider les autres là où elle a réussit. Le Québec est vraiment un modèle politique à ce niveau. C’est une société entièrement industrialisé, éduqué, qui vibre ouvertement avec toute la planète. Il ne lui manque plus que le statut et la reconnaissance officiel comme pays à part entière…

Je pense que les immigrants devraient réaliser la chance qu’ils ont de vivre ici. Je ne le cache pas : on vit mieux au Québec qu’au Mexique, de manière générale. Et ça ne veut pas dire que je n’aime pas le Mexique. Mais ça veut dire que l’on doit tous reconnaître que dépendamment des époques, il y a certains peuples qui réussissent mieux que d’autres, à cause de différents facteurs. Si on comparait le niveau de civilisation dans les premiers siècles après Jésus-Christ au Mexique et en France par exemple, on serait forcé de remarquer la supériorité architecturale, artistique et même politique des peuples du Mexique. Si on remonte encore plus loin vers le 3ème millénaire avant la naissance du Christ, et qu’on compare l’Égypte et la Grèce, on doit reconnaître la supériorité de la civilisation égyptienne. L’histoire du monde est une succession de développement de civilisations dans différentes régions de la Terre. La question n’est donc pas de chercher « la meilleure », mais plutôt de voir l’histoire de l’humanité comme un tout, où chaque civilisation passée inspire et guide les civilisations présentes. Si l’on regarde maintenant le Québec, bien qu’on ne peut le considérer comme une civilisation, on peut clairement voir qu’il a tous les potentiels de le devenir. Il lui manque l’outil le plus important du moment : la souveraineté politique. Quand le Québec aura pris cette décision de manière claire et sans équivoque, il affirmera au reste du monde : « je suis prêt à participer à l’avancement de l’humanité activement, librement et en assumant pleinement la responsabilité de mes décisions. » Cela implique qu’on a confiance en soi, en son histoire et dans les valeurs qu’on défend.

La souveraineté du Québec comme remède face à l’apathie politique

Finalement, beaucoup de gens s’inquiètent du sort de l’humanité. Les jeunes en particulier observent le monde et voient des guerres, des injustices, des maladies, et toutes sortes de maux et se demandent : « qu’est-ce que je peux faire? » Je me suis posé la même question. Certains se referment sur eux-mêmes et se disent « je vais m’occuper de ma survie à moi tout seul ». D’autres décident de s’impliquer dans leur quartier, ou au sein d’organismes humanitaires. Mais la véritable implication, après avoir été un changement spirituel personnel, doit à mon avis être politique. Et quel plus belle occasion que celle de fonder un nouveau pays?! Le problème que j’ai rencontré plusieurs fois est que les gens ne réalisent pas que le Québec sera fondé selon nos volontés individuelles. Ils pensent que fonder le Québec c’est simplement aller voter oui ou non à un référendum. Pas du tout. C’est un processus qui va demander à chacun de nous de proposer des idées, de débattre, d’élaborer des projets. Bref, de jeter les fondations de ce pays. Si on fait du Québec un pays, on ne fera pas un pays qui appartient seulement à quelques personnes, mais on fera un pays qui nous appartient tous. Et si nous voulons nous assurer qu’il y fasse bon vivre, mettons-y notre grain de sel et bâtissons-le ensemble.

Beaucoup d’immigrants au Québec restent préoccupés par leur pays d’origine où persistent toutes sortes d’injustices. Je leur dis : « venez participer à la réalisation de la souveraineté du Québec et venez ensuite en aide à ces pays par le biais du Ministère des Affaires Étrangères du Québec! »

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06
Août
08

Les dessous cachés d’Éric Tremblay et du parti indépendantiste

Avec l’avènement de l’ère des communications, la politique a radicalement changé. Je pense que c’est pour le meilleur, même si j’avoue que ce n’est pas toujours évident de le constater. Le rapport avec le parti indépendantiste est qu’il est, à mon avis, l’exemple parfait au Québec de comment faire de la politique commerçante, de la politique marketing ou de la politique de consommation, appelons-la comme on veut.

Je vais essayer de m’expliquer en utilisant de manière très superficielle l’élection du nouveau président français Nicolas Sarkozy à titre d’exemple (à ne pas suivre!!). En un minimum de mots, la campagne et l’élection de Sarkozy se résume à ça : maximum d’image et d’apparences, et minimum de contenus et de projets réels. Pour prouver ce que j’avance, je vous invite à voir les vidéos suivants:

http://www.dailymotion.com/…/sarkozy%2Bcampagne%2Bmensonge

http://www.dailymotion.com/…sarkozy-compilation-de-ses-mensonge_news

Sarko s’est donc fait élire sur des mensonges et une fausse plate-forme politique.

Maintenant, pour en venir au rapport avec Éric Tremblay et son très cher parti indépendantiste, j’avance la position suivante : il obéit au même principe du maximum d’esthétique et du minimum de contenu. En effet, tout ce qui sort de sa bouche c’est « le PQ nous a trahi » et « il nous faut un pays ». Bon, je ne dis pas que c’est faux, ni que c’est vrai. Mais je critique le fait que c’est tout ce qu’il dise et que ce faisant il nourrit la rancune, la frustration et le mécontentement. Construire un pays dans ce climat, je trouve que ça ne peut pas mener au bien. Son problème est simple : il se cache derrière le fait qu’il n’a pas de véritable projet politique pour le Québec.

Certains diront : « non ce n’est pas vrai, allez sur son site et vous verrez tous les projets de son programme autant dans les domaines de l’économie, l’infrastructure, et l’éducation. » C’est vrai, la liste est assez longue, et bien présentée. Mais d’où vient-elle, et quand est-elle apparue? Elle n’existait pas aux débuts du parti indépendantiste, elle est apparue progressivement seulement plus tard, alors que le parti a réussi à séduire des penseurs et des intellectuels, pour prendre leurs idées, et les mettre dans leur panier d’idées jusque là vide. Un autre point sur leur liste de projets : où est l’explication détaillée de chacun de ces projets? Où sont les ébauches d’un montage financier, d’une explication plus détaillée et contextuelle de la proposition? J’ai bien beau vous dire que je vais offrir un « soutien adéquat aux créateurs d’œuvres artistiques », mais dans la réalité, concrètement, ça veut dire quoi? Où est l’explication de ces belles paroles? Si quelqu’un me dit : « je vais te rendre heureux », je veux bien le croire, mais j’aimerai bien des explications d’abord sur sa méthode! Mais non, il n’y a aucune explication détaillée sur leur site. Pourquoi? Soit les projets ne viennent pas d’eux, soit eux-mêmes ne savent pas comment les réaliser!

La seule plate-forme politique du parti à sa création était « la création d’un pays ». Pas de projets sociaux, économiques ou politiques concrets, pas de réformes majeures, pas grands travaux d’infrastructure, rien. Un grand vide idéologique. La seule idée : la création d’un pays. Oui, des ambassades québécoises, une place aux Nations Unies, la création d’un ministère des affaires étrangères, des équipes nationales de hockey et de soccer, la création d’un bureau québécois des brevets, la création d’un service québécois des postes… Attendez un peu, serait-ce une blague ou voilà simplement des conséquences directes de la création d’un pays? C’est comme si je vous disais que j’allais vous faire une excellente omelette. Et quand vous me posez des questions pour en savoir plus, je vous répondais : je vais utiliser des œufs, un peu d’eau, un batteur pour la préparation, une poêle pour la chauffer… Vous ne prendrez mon omelette pas tellement au sérieux, et je vous comprendrai! Où est la différence avec le parti indépendantiste?

Ce que je trouve personnellement douteux d’Éric Tremblay c’est qu’en tant qu’avocat vraiment souverainiste (comme il prétend l’être), il devrait avoir des idées intéressantes en terme constitutionnel, institutionnel, légal, juridique, mais pas un mot de ce côté-là. C’est louche. Je n’envisage pas l’option qu’il n’ait aucun plan car il me semble néanmoins doté d’une certaine intelligence et il ne serait pas en train de s’investir autant. Il a donc un plan, mais il se garde bien d’en parler. Pourquoi? Une seule raison reste apparente : parce qu’il est beaucoup plus sombre que ses beaux yeux bleus. Quel est-il en détail ce plan? Je ne sais pas. Mais un indice est très frappant : son allégeance ouverte et intégrale au principe du libre-échange. Libre-échange, libre marché, néo-libéralisme, etc. ne sont-ils pas incompatibles avec les valeurs québécoises de justice et égalité sociale? (Je suis en train de rédiger un article sur ce sujet que je publierai dès que je l’aurai terminé, en espérant vous dévoiler l’arnaque qui se cache derrière cette théorie économique.) M. Éric Tremblay cache donc son véritable projet légal et juridique tout en attirant des sympathisants avec le discours simpliste de « on veut un pays ». Ensuite, il rallie des projets appréciés par la population de manière purement extérieure et superficielle question de s’inventer une légitimité politique, et le tour est joué. Reste maintenant à maintenir une bonne campagne publicitaire et de relations publiques, faire attention à ne pas trop se faire exposer (comme je suis en train de le faire!!), et peut-être arriveront-ils à atteindre un certain statut dans l’échiquier politique du Québec.

Je ne cherche pas à semer ni la zizanie ni la division du vote, mais simplement de montrer ce qui d’après moi saute aux yeux : la séduction qu’opère le parti indépendantiste et son chef Éric Tremblay auprès de la population québécoise, des souverainistes plus particulièrement, et de manière encore plus particulière auprès des souverainistes désabusés.

Je m’attends peut-être à ce que la personne concernée lise cette article. Je lui dis que je suis ouvert à toute discussion, et même au débat public sur le sujet s’il le faut, et que je suis quelqu’un qui essaie de voir la réalité en face, et que si je me suis grossièrement trompé je l’admettrai et m’en excuserai ouvertement.

06
Août
08

Québec souverain: dictature ou révolution démocratique?

Quand les législateurs se prennent pour des exécutifs et des juges

Alors que j’écoutais des vidéos de la période de questions de l’Assemblée Nationale (ou plus réalistement la garderie parlementaire), j’ai entendu l’obsession répétitive de Mario Dumont et même de Pauline Marois autour de la mi-juillet d’obtenir du gouvernement une commission d’enquête sur l’affaire Norbourg. Je me suis demandé quelle pouvait être la motivation derrière cette insistance, d’autant plus que cela suivait l’annonce d’un nouveau procès avec plus de 900 chefs d’accusation dans ce scandale. La création d’une commission publique paraît nuire au bon déroulement du procès, voire même le compromettre.

Ce que Dumont et Marois demandent, de manière plus contextuelle, est une subordination du pouvoir judiciaire au pouvoir exécutif! Ils n’en sont peut-être pas entièrement conscients (ce qui serait le plus souhaitable), mais la création d’une commission d’enquête publique sur cette affaire apparaîtrait comme un véritable substitut au procès judiciaire. Cela montre implicitement le processus mental suivant : « nous, députés et législateurs, pouvons remplacer le système judiciaire; nous avons la capacité de juger. » Mais la ministre des finances Monique Forget les a temporairement remis à leur place en disant : « on va s’en tenir à un juge ». Cela est une évidence du système politique actuel au Québec : l’Assemblée Nationale ne possède pas le pouvoir judiciaire, et personne n’est au dessus de la loi, pas même l’État québécois, d’où la nécessité de cette séparation des pouvoirs. Apparemment, cela ne satisfait ni Dumont et Marois qui affirment implicitement qu’ils aimeraient s’accaparer du dernier pouvoir indépendant : le judiciaire. Je ne sais pas si cela est leur intention directe, mais la création de cette commission d’enquête publique serait un geste explicite de concurrence du pouvoir exécutif au pouvoir judiciaire.

Déjà que les pouvoirs législatifs et exécutifs au Québec sont fusionnés, que deviendrait l’état québécois si une triple fusion des pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires serait opérée? C’est ce qu’on peut plus communément appeler une dictature : celui qui dirige peut passer des lois et être à la fois l’interprète et le juge de ces mêmes lois.

Cet enjeu montre, une fois de plus, l’incohérence et la confusion générée par l’association des pouvoirs exécutifs et législatifs. L’Assemblée Nationale me semble être une véritable arène où les vizirs (députés) se battent pour prendre la place du calife (gouvernement). Pourquoi se battent-ils si férocement, si scrupuleusement? Ils nous laissent croire que leur ascension au pouvoir est plus importante que l’action politique guidée par le bien commun : « quand je serai au pouvoir, tu verras ». Au lieu de s’entraider, de collaborer, on ne les voit pratiquement que se dénigrer, d’un côté l’opposition cherchant à faire tomber le gouvernement, et de l’autre le gouvernement se défendant et s’auto-glorifiant d’être le meilleur qui ait jamais existé. Cette situation est en partie due à la soif et l’ambition de l’opposition d’acquérir le pouvoir immédiatement et cela est une conséquence directe de la fusion du pouvoir législatif et exécutif sous notre régime parlementaire.

Vers une révolution institutionnelle et structurelle de nature républicaine

Cela me laisse l’opportunité de partager avec vous ma vision d’une réforme politique majeure. Je propose d’abord et avant tout deux principes essentiels : une séparation des trois pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires, et l’interdiction du financement des campagnes électorales par les partis politiques. Je vais tenter de présenter ici les changements structurels que je suggère pour chacune de ces idées.

L’interdiction du financement des campagnes électorales par les partis politiques a comme objectif majeur celui-ci : rétablir l’allégeance unique du député envers ses citoyens. Les candidats, dont la campagne sera financée par l’état de manière équitable, n’auront plus peur de perdre l’appui du chef de leur parti, et pourront exprimer leurs propres idées, et se défendre selon leur propre conscience dans l’assemblée nationale. J’explique cette proposition plus en détails ici (notez que la fin de l’article ne tient pas compte de la séparation des pouvoirs que je défend) : http://deputezmoi.wordpress.com/2008/04/28/partis-politiques/

Légitimité, représentation et compétence : le pouvoir législatif

Pour la branche législative, je propose deux chambres : la chambre des communes et le sénat (on peut leur donner d’autres noms, l’important étant leur fonction respective). Les députés de la chambre des communes seront élus directement par la population, comme c’est le cas maintenant. À travers un double système d’élections et de nominations, une structure à l’intérieur des comtés sera établie avec plusieurs paliers clairement définis de manière géographique. J’explique les détails de cette nouvelle structure ici : http://deputezmoi.wordpress.com/2008/04/28/structure/. Les députés assureront la légitimité populaire et auront comme mandat unique la proposition de projets de lois. Leur rôle ne sera pas de rédiger les lois, mais simplement d’écouter, d’observer, d’analyser le monde qui les entoure et de proposer des projets pour l’amélioration de la société et l’humanité.

Les sénateurs seront choisis parmi le monde académique et assureront la compétence scientifique, technique et intellectuelle au sein du parlement. Leur mandat sera la rédaction détaillée et complète des lois, de sorte qu’elles respectent la future constitution québécoise et tiennent en compte tous les facteurs institutionnels, géographiques, économiques et démographiques du moment. Le sénat nécessitera donc la création d’un collège des sénateurs, ou d’une école des sénateurs, au sein du monde académique. Il s’agirait d’un établissement post-collégial dans lequel les élèves suivront une formation académique diversifiée dans les domaines politiques, légaux, historiques, économiques, scientifiques et artistiques de sorte qu’ils aient les outils nécessaires pour rédiger des lois de manière efficace, avec la perspective la plus universelle possible, tout en étant des experts de la mécanique politique interne du Québec. Une fois les sénateurs choisis parmi les élèves de l’école, cette école pourra servir véritablement de sous-structure au sénat. L’école des sénateurs aura donc un double mandat: celui de former des sénateurs, et aussi celui de servir de support et d’aide au travail des sénateurs.

Le pouvoir exécutif dans les mains des employés concernés

Je propose, pour l’exécutif, une forme de fusion des syndicats publiques et de la bureaucratie ministérielle. Cela signifie que je propose une structure politique à l’intérieur de la bureaucratie de chaque ministère dans laquelle ses membres élisent directement leur ministre, et les individus aux différents niveaux hiérarchiques de cette structure, avec la même méthode d’élections et nominations que pour les députés (http://deputezmoi.wordpress.com/2008/04/28/structure/). Le futur président du Québec sera directement élu par toute la population, et tous les ministres seront élus par les membres de son domaine d’activité. Par exemple, tous les travailleurs de la santé éliront le ministre de la santé ainsi que les dirigeants de cette structure bureaucratique. Cela assurera une légitimité du ministre aux yeux des employés de son domaine, ainsi qu’un réel pouvoir politique de tous les employés, ce qui éliminera peut-être la nécessité des syndicats. J’endosse aussi la proposition d’André Desnoyers de créer un coffre sous chaque ministère vers lesquels les citoyens pourront diriger leur épargne pour financer certains projets : http://www.souverainetelasolution.com/journal/vol5no05.htm#2. Cela donnera à chaque citoyen, un nouveau pouvoir économique jamais vu jusqu’à maintenant.

Le pouvoir judiciaire : l’application et le respect de la loi universelle

Ma compréhension du système judiciaire est très récente et a commencé surtout par le mouvement « Freeman-on-the-land » au Canada et aux Etats-Unis. Un défenseur connu de ce mouvement au Québec s’appelle Jacques-Antoine:Normandin. J’encourage les lecteurs à se renseigner sur les principes qu’il défend. Je ne vais pas tout expliquer ici, mais simplement les aspects que j’ai compris et que je trouve pertinents à cet article.

Le point le plus important qu’ils font est la différence entre une loi et un règlement : la loi est éternelle, le règlement temporaire; la loi nous procure des droits, et le règlement des privilèges. Pour moi, la loi éternelle et universelle peut se trouver dans la bible à travers les dix commandements et les enseignements de Jésus. Que l’on soit croyant ou non, on doit admettre qu’il existe des principes universels qui régissent les relations entre êtres humains si nous voulons assurer la survie et le bon développement de l’humanité. Par exemple, Jésus nous enseigne :

« Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux. »

Cette loi est universelle, que l’on soit chrétien ou non. En effet, le bon sens nous dit tous que nous devons traiter les autres comme on aimerait qu’ils nous traitent. La loi de Moïse qui nous commande de ne pas tuer et ne pas voler est également évidente et est une partie intégrante de notre système social actuel. Jésus nous enseigne également le pardon, quelque chose qui me semble être souvent absent de notre monde politique et juridique. Il ne nous enseigne pas de restreindre la liberté des autres pour les empêcher de faire du mal, ou de les punir continuellement pour les effrayer du mal, mais il nous enseigne plutôt de se concentrer sur nos propres actions, d’aimer le bien, et de faire le bien autour de nous. Ce n’est pas une justice de répression ou de menaces mais bien une justice de responsabilité, de protection des droits de chacun et du libre-arbitre.

Mais voilà que nous vivons dans un système juridique qui nous traite comme des êtres irresponsables, arriérés et dangereux qui doivent être contrôlés dans leurs moindres actions. En effet, on nous donne une amende pour avoir dépassé une limite de vitesse sur l’autoroute parce qu’on suppose qu’on était sur le point de commettre un crime, donc de tuer ou blesser quelqu’un. On suppose que nous sommes des êtres suicidaires qui vont naturellement chercher à rouler à 250 km/h sur l’autoroute, sans porter la moindre attention aux autres. J’ai conduit sur l’autoroute en Allemagne où il n’y a pas de limite de vitesse, et pourtant je n’ai remarqué aucune tendance de la sorte. Les Allemands seraient-ils si différents?

Il nous semble normal dans notre société actuelle de faire appel à un avocat lorsqu’on se retrouve en cour. Il semble que peu de personnes questionnent ce choix. En effet, pourquoi faisons-nous systématiquement appel à un avocat pour nous défendre? Nous affirmons clairement à la cour que nous sommes incapables de nous défendre nous-mêmes. Pourquoi? Parce qu’on ne comprend rien aux lois! Est-ce normal? Comment pouvons-nous respecter des lois que nous ne comprenons pas? Comment pouvons-nous même être tenus de respecter des lois que nous ne pouvons pas comprendre parce qu’elles font des centaines de pages et qu’elles utilisent un langage évasif?

Je propose donc, dans la nouvelle société québécoise que nous construirons, que chaque citoyen soit son propre avocat et soit jugé en fonction de ce qu’il sait, de ce dont il a conscience. Par exemple, si chaque fois que je me lave, j’inonde l’appartement du voisin d’en bas, mais que je ne le sais pas, je ne peux pas en être tenu coupable. Cela suppose une révolution dans la manière de rédiger les lois et un enseignement universel garantit à tous sur la nouvelle constitution québécoise et les grands principes législatifs qui la régiront. Cela supposera aussi qu’aucun de nous ne rentrera dans un contrat sans en avoir compris tous les termes (cela sera peut-être la partie la plus difficile).

Je propose aussi que chaque citoyen victime d’un crime ait le pouvoir de demander, devant le juge, les réparations qu’il exige du responsable. Je m’explique. Imaginons un individu qui porte une accusation contre un autre individu pour avoir volé sa voiture. Les deux se retrouvent en cour, devant un juge et devant des témoins. La victime présente l’accusation et prouve qu’il s’agit bien d’un crime, c’est-à-dire d’une violation de ses droits humains. Admettons que l’accusé reconnaît sa faute. Maintenant vient l’étape des réparations. C’est là que c’est à la victime de s’exprimer, et ne pas laisser l’état, par l’intermédiaire du juge, se prononcer. La victime doit faire ses demandes. Elle pourra demander simplement d’avoir sa voiture dans le même état dans lequel elle était quand elle a été volée, en plus d’excuses. Ou elle pourra demander sa voiture, plus une certaine compensation monétaire pour le temps passé sans la voiture. Ou encore simplement de l’argent, et ainsi de suite. La compensation devra être proposée par la victime, et devra demander un acte de la part du coupable. Le juge devra simplement veiller à la communication organisée et harmonieuse entre les deux parties, veiller à ce que les droits de l’accusé ne soient pas violés par la réparation et trancher en cas d’impasse.

Ma compréhension du principe des droits humains en rapport avec la constitution est expliqué dans cet article : https://lamonade.wordpress.com/2008/05/05/constitution-droits-humains/

J’attends vos commentaires et surtout vos propres suggestions quant à l’architecture sociale que vous voulez donner à un Québec souverain… L’avenir du Québec est entre nos mains, allons-nous saisir l’occasion et affirmer clairement nos valeurs au reste du monde?

10
Mai
08

La fin de l’analphabétisme?

Je veux vous présenter ici une technique révolutionnaire que j’ai développée pour mettre fin une fois pour toute à l’analphabétisme dans le monde. C’est une technique qui ne nécessite pratiquement aucun apprentissage de la part de la personne analphabète, ce qui diminue d’un côté les coûts de son application, et de l’autre côté, cela accentue l’indépendance et l’autonomie des personnes qui en bénéficieront. Je présente ma technique d’abord en m’appuyant sur l’exemple d’Haïti qui est des pays qui souffre le plus de l’analphabétisme. Cette description ne se veut être qu’un exemple parmi d’autres pour illustrer le problème en question.

Plus de la moitié des Haïtiens sont analphabètes

L’analphabétisme est un problème très grave en Haïti. Selon plusieurs sources, plus de la moitié de la population haïtienne qui vit sur l’île ne sait pas lire, et donc ne sait pas écrire non plus. Imaginez un instant que vous êtes analphabète. Votre communication se fait exclusivement de manière auditive ou gestuelle avec le monde extérieur. Pour communiquer avec quelqu’un, vous devez absolument parler à cette personne en face, ou par téléphone. Vous devez toujours être « en direct » avec quelqu’un pour communiquer avec lui. Votre communication est strictement ponctuelle et momentanée. Vous pourrez utiliser un magnétophone, mais la chose serait très certainement laborieuse.

En plus dans un pays pauvre comme Haïti, les analphabètes sont voués à vivre dans un monde qui commence et qui s’arrête aussi loin que leurs oreilles et leurs yeux peuvent entendre et voir, ce qui veut dire, pas très loin. Tout ce qui vient de plus loin que ce périmètre vous vient par l’intermédiaire de quelqu’un que vous entendez parler, en personne ou à la radio. Et si cette personne est analphabète comme vous (plus d’une chance sur deux), alors elle ne vous racontera que ce qu’elle a vu elle-même, ou ce que quelqu’un lui a raconté. Comme le jeu d’enfant où une phrase est répétée successivement autour d’un cercle, quand la phrase revient au début, elle est généralement déformée. Imaginez alors la qualité des idées et des faits qu’un analphabète reçoit. Il est dépendant de l’honnêteté et de l’intelligence des gens avec qui il communique pour comprendre le monde à l’extérieur de son périmètre sensoriel.

Maintenant, comment une société peut espérer prospérer quand plus de la moitié de sa population est maintenue dans cet état de fragilité intellectuelle? Même si l’élite éduquée qui sait lire et écrire peut instaurer un gouvernement dédié au bien-être et au développement de tous, si la grande majorité de la population reste analphabète, la victoire restera précaire. Convaincre quelqu’un d’analphabète est facile, et organiser un renversement politique le devient tout autant. Tout mensonge et manipulation politique devient un jeu d’enfant, et un coup d’état est vite réussi. L’analphabétisme est peut-être une des causes les plus élémentaires de l’instabilité politique d’Haïti de ces dernières décennies.

Comment y remédier?

La situation est certainement très alarmante pour Haïti, comme pour d’autres pays « pauvres », et pour tous les analphabètes du monde. Mais cette crise peut avoir une fin. L’analphabétisme peut être entièrement éradiqué de la Terre.

La méthode que je propose est une manière originale et très rapide d’apprendre aux gens à lire et à écrire. C’est une méthode originale, mais pas nouvelle, parce qu’elle date de la période d’utilisation des hiéroglyphes, comme ce fut le cas en Égypte au temps des Pharaons, en Amérique au temps des Olmèques et dans plusieurs autres civilisations du monde. On a retrouvé sur leurs pyramides, leurs immeubles, leurs temples et plusieurs artéfacts des systèmes d’écriture sous forme de hiéroglyphes, et comme tout système d’écriture il s’agit d’une corrélation entre des symboles et des sons.

Dans la majorité des langages du monde, on utilise des lettres, et chaque lettre représente plus ou moins un son, et c’est en agençant ces sons dans notre esprit qu’on forme les mots, et qu’on arrive à lire et comprendre ce qui est écrit. C’est pourquoi on est capable de lire des mots qu’on ne connaît pas, c’est-à-dire qu’on peut les prononcer simplement en combinant les différents sons représentés par les lettres (symboles).

Les hiéroglyphes fonctionnent de la même manière, mais au lieu d’utiliser des lettres comme symboles pour représenter les sons, ils utilisent des dessins. Chaque dessin est un son. Et en combinant les sons représentés par les dessins (symboles), on est capable de lire. Il s’agit du même procédé qu’avec un système basé sur des lettres, la seule distinction se faisant dans la nature des symboles utilisés (hiéroglyphes versus lettres).

Alors, comment les Égyptiens ou les Olmèques apprenaient-ils à lire? Avant d’y répondre, examinons d’abord comment nous (qui utilisons des lettres) apprenons à lire. C’est assez simple à expliquer, quoique ce n’est pas forcément la manière la plus rapide et la plus efficace de faire. On mémorise à l’école la correspondance des sons avec les 26 lettres de l’alphabet, en plus des accents, et des combinaisons particulières comme « ch » ou « ph ». Il s’agit simplement de mémoriser par cœur, et à force de le pratiquer, on peut être capable de lire sans problème. C’est un peu axiomatique, mais ça marche.

Maintenant, comment est-ce que les anciens Égyptiens et les Olmèques faisaient? D’abord, ils savaient évidemment parler avant d’apprendre à lire. Alors en voyant les dessins des hiéroglyphes, ils étaient déjà capables de prononcer le mot correspondant au dessin. Par exemple, si un hiéroglyphe représentait un jaguar, alors un jeune Olmèque pouvait se dire : « Je sais ce que c’est. C’est un jaguar. » Et il en était de même pour tous les hiéroglyphes qui représentaient des choses de la vie courante, et que tout le monde pouvait facilement identifier. Maintenant, l’originalité et l’ingéniosité d’un tel système résidait dans cet aspect : chaque hiéroglyphe correspondait, dans un mot, au premier son de l’objet dessiné.

Encore avec l’exemple du hiéroglyphe en forme de jaguar, ce hiéroglyphe représentait le son « J » parce qu’il est le premier son du mot « Jaguar ». Alors par exemple, en adaptant ce système au français, la combinaison d’un premier hiéroglyphe d’un jaguar, et le second d’un ours représenteraient les deux sons « j » et « ou ». En les mettant ensemble, on obtient le son « jou », et on comprend tout de suite qu’on parle d’une joue. Alors dans notre système hiéroglyphique, une joue s’écrirait avec un jaguar et un ours. (Je vous épargne mes dessins de jaguars et d’ours!)

Le développement d’un nouveau système d’écriture

Ce que je propose est en fait très simple. C’est un projet qui peut aider Haïti directement, et tous les peuples qui souffrent encore d’analphabétisme. Le projet part de la constatation que tous les peuples et tous les individus ont un langage, et savent parler. À partir de ce vocabulaire doit être établi un certain nombre de hiéroglyphes qui représentent des choses concrètes et dont les premiers sons couvrent tous les sons du langage. Pour le créole par exemple, tous les sons peuvent se retrouver dans l’alphabet latin soit par une lettre simple (a, j, k), soit par une combinaison de deux lettres (ch, ou, in). Il est important, pour chaque langage, d’utiliser des hiéroglyphes simples à dessiner, qui ne posent aucune ambiguïté de langage et qui représentent des choses « universelles » autant que possible, et aussi des choses qui stimulent les sens et l’imagination. Par exemple, pour le son « ch », entre chien et chapeau, chapeau est plus facile à dessiner, alors il devrait être adopté plutôt que chien. Ou encore, pour le son « a », entre un hiéroglyphe d’avion et d’ananas, l’avion devrait l’emporter parce qu’il rappelle le mouvement, le voyage, la découverte, donc des valeurs plus essentielles et éternelles que seulement un goût dans la bouche (à condition que le peuple en question connaisse ce qu’est un avion évidemment).

Et dans cette combinaison particulière, les deux hiéroglyphes de chapeau et d’avion combinés donnent le son « cha » et c’est donc la manière d’écrire le mot « chat ».

Alors le projet d’alphabétisation nécessitera l’élaboration d’un système d’écriture hiéroglyphique couvrant tous les sons d’un langage en particulier. Il suffira ensuite d’expliquer que chaque hiéroglyphe correspond au premier son de la chose qu’il représente, et avec un peu de volonté et de la pratique, un analphabète pourra apprendre à lire (dans ce système d’écriture).

La supériorité de ce système d’écriture est qu’il ne nécessite aucune formation! En effet, la personne analphabète a simplement besoin de comprendre le principe du « premier son » du dessin, et il sera capable de lire seul, de manière indépendante, sans la présence de quiconque. Sa lecture sera lente au début, mais avec le temps, il sera très certainement capable de lire aussi vite que tout lecteur moyen. Il pourra ainsi même écrire tout de suite après avoir appris le principe du « premier son ». Il lui suffira d’avoir une table de tous les hiéroglyphes qui devra lui être donné, et il pourra ensuite reproduire les dessins pour former des mots, des phrases, et communiquer des idées.

Mais évidemment, il saura lire dans ce système hiéroglyphique en particulier, mais ne pourra pas lire dans le système de lettres que tous les gens lettrés de son peuple utilisent. Comment faire cette transition?

Une transition entre les hiéroglyphes et les lettres

Encore une fois, la solution est simple. Il suffirait d’ajouter à l’intérieur de chaque hiéroglyphe la ou les lettres correspondant au son en question. Par exemple, à l’intérieur du hiéroglyphe d’avion, insérer la lettre « A ». À l’intérieur du hiéroglyphe de chapeau, insérer les lettres « CH ». (Comme j’ai fait plus haut.) À force de lire les hiéroglyphes, et de faire l’association entre le symbole et le son, l’individu pourra, à la longue se défaire du dessin, et ne retenir que les lettres. La lettre qu’il verra lui rappellera le hiéroglyphe, et le hiéroglyphe lui rappellera le son, et ainsi il pourra faire la correspondance entre la lettre et le son, par l’intermédiaire du hiéroglyphe. À la longue, son procédé mental sautera l’étape de rappel du hiéroglyphe et fera une association directe entre lettre et son : il saura lire!!

Une traduction informatique

La première étape est donc d’établir un alphabet hiéroglyphique pour un langage donné. Une fois cet alphabet terminé, il est nécessaire de produire des textes à lire dans ce nouveau système. Les textes pourraient soit être des traductions, soit des écrits originaux. Pour ce faire, je pense que la manière la plus efficace serait de développer ce système d’écriture par ordinateur. La manière la plus simple serait de développer un programme qui ferait une traduction automatique des lettres latines avec les symboles hiéroglyphiques. Chaque hiéroglyphe serait enregistré dans un programme, et serait associé à une lettre ou un couple de lettres latines (correspondant à un son). Le programme pourrait ensuite traduire tout un texte en remplaçant chaque lettre ou couple de lettres par le hiéroglyphe correspondant. Les textes ainsi traduits pourraient être imprimés et distribués aux analphabètes, dans toutes les régions du monde, en fonction de leur langue maternelle.

Un premier texte universel pourrait être écrit pour leur souhaiter la bienvenue dans le monde de l’écriture, sous forme d’histoire, de fable peut-être, et les aviser des dangers potentiels, et aussi des bonheurs que la lecture et l’écriture peuvent procurer.

Une preuve

Pour vous montrer que cette méthode fonctionne à tout coup, je vous propose de « traduire » cette phrase :

Des problèmes à anticiper

Le seul problème que je peux anticiper maintenant est l’orthographe et les règles d’accord, et ce en particulier pour le français où les règles les unes les plus inutiles que les autres abondent! Aussi, le fait qu’il y ait plusieurs manières de représenter le même son. Mais le projet que je propose ne se veut pas un substitut pour l’étude des langues propres à chaque peuple, mais plutôt un outil simple pour permettre à tous de pouvoir lire et d’écrire dans un système intermédiaire entre l’analphabétisme et l’alphabétisme complet.

Notre avenir

Nous vivons à une époque très particulière de l’humanité. Nous sommes arrivés au point où nous sommes tous reliés en tant qu’espèce humaine. Les moyens de communication et de transport ont totalement révolutionné notre vie, et on peut maintenant tous se considérer comme des véritables voisins. Malgré ces contacts grandissants et cette interdépendance, nous souffrons encore de racisme, de sexisme, de paranoïa et de guerres. Une étape élémentaire pour remédier à ces problèmes est l’alphabétisation de tous les êtres humains pour donner à chacun les outils nécessaires pour développer leur liberté de penser et de communiquer, et éliminer ainsi une des barrières qui nous sépare encore.

06
Mai
08

Projet de média politique sur Internet

Parce que les individus et les projets de société sont plus importants
dans une démocratie que les partis politiques et les idéologies.


Objectif :
couvrir également les campagnes électorales de tous les candidats, et faire un suivi continu des députés élus à l’Assemblée Nationale sur un site Internet commun

Motivation :
Dans une société vraiment démocratique, tous les candidats aux élections reçoivent la même visibilité, indépendamment de leurs idées. Cela permet à l’électorat de faire un choix vraiment éclairé et personnel et ainsi de refléter, une fois l’élection terminée, les vrais aspirations de la société.

Malheureusement, la réalité actuelle est toute autre. Les médias nationaux couvrent presque exclusivement les 3, 4, ou 5 chefs des « gros partis », au détriment de tous les autres candidats de ces mêmes partis, et évidemment des plus petits partis politiques et des candidats indépendants aussi. Cela démontre implicitement la chose suivante : on vote pour un parti, mais pas pour un candidat. C’est compréhensible, car comment une chaîne de télévision ou de radio nationale pourrait couvrir plus de 800 candidats de manière égale? C’est impossible. Il est donc normal dans ce contexte, que les médias se concentrent sur les candidats les plus significatifs, c’est-à-dire les chefs des « gros partis ».

Dans ce contexte, les électeurs votent pour un parti, ou pour un chef de parti, dans l’espoir que ce dernier devienne Premier Ministre. Mais que cela arrive ou non, l’électeur aura généralement fait son vote sans connaître ni le nom ni les valeurs et les idées personnelles du candidat en question.

À ces problèmes évidents, existe heureusement une solution, qui devient possible grâce à cette merveilleuse invention qu’on appelle l’Internet. En effet, l’Internet n’est pas un outil médiatique comme les autres : c’est un outil d’information littéralement vivant et interactif. Le visiteur est le maître de sa navigation et de sa recherche d’information. Il est guidé par des titres et des liens, mais c’est lui qui décide quelle page visiter, en fonction de ce qui l’intéresse et de ce qu’il juge important.

L’information de la page Internet n’est pratiquement pas figée ni dans le temps, ni dans l’espace, ni dans sa quantité d’information. La page Internet existe continuellement, indépendamment de l’heure de la journée, alors que les nouvelles télévisées, à la radio et dans les journaux « meurent » une fois l’émission ou l’édition terminée. La page Internet dépend significativement moins de l’espace que la télévision, la radio et les journaux : alors que ces derniers sont limités par la position géographique dans laquelle on se trouve, la page Internet est, normalement, accessible de partout dans le monde, moyennant un ordinateur et une connexion. Finalement, alors que la quantité d’information partagée par la télévision, la radio et les journaux est limitée par le temps d’antenne, ou le nombre de pages, la page Internet peut, à l’inverse, diffuser une quantité quasi infinie d’information, et ce de manière continue.

Ces multiples contraintes obligent les médias conventionnels à couvrir les campagnes électorales de manière très limitées, en se concentrant presque exclusivement sur les chefs des « gros partis » au détriment de tous les autres candidats. Cela entraîne, nous l’avons mentionné plus haut, un conditionnement de l’électorat à voter pour un parti, sans faire attention nécessairement aux idées du candidat de sa circonscription. Le pouvoir politique est accordé implicitement, dans les faits, à moins de 5 individus : les chefs de parti. Mais qu’en est-il des 120 autres députés à l’Assemblée Nationale, ou les 300 autres au Parlement d’Ottawa? Ont-ils des idées et des projets intéressants aussi? Ne méritent-ils pas d’être écoutés?

Cette disparité de couverture médiatique a été, jusqu’à maintenant, il faut l’admettre, nécessaire au fonctionnement démocratique de la société. Sinon, les élections auraient été plus anarchiques qu’autre chose et la société aurait manqué de cohésion. Mais avec le développement d’Internet, une nouvelle dynamique est possible.

Définition :
Le projet présenté consiste à mettre sur pied un site Internet d’information et d’éducation citoyenne. Le site aura deux mandats distincts : l’un pendant les périodes électorales, le second entre deux élections.

Périodes électorales
Pendant les périodes électorales, le site aura le mandat de présenter de manière égale tous les candidats ainsi que leurs projets, indépendamment de leur affiliation politique, pour chaque circonscription. En présentant chaque candidat de la sorte, sans favoritisme, et en présentant clairement chacun des projets qu’il endosse, l’électeur pourra faire une choix informé et personnel : il ne votera pas aveuglément pour une couleur, mais pour des idées, des projets qui sont pour lui importants, et qu’incarnent son candidat favori. Le site présentera un répertoire de toutes les circonscriptions, tous les candidats, et tous les projets. L’électeur pourra ainsi prendre connaissance de tous les projets proposés à l’échelle nationale, par tous les candidats, les évaluer, et choisir ceux qui lui tiennent à cœur et qui lui semblent les plus pertinents. Une fois ses exigences électorales déterminées, l’électeur pourra chercher, parmi les candidats de sa circonscription, ceux avec qui il partage la plus grande affinité idéologique.

Évidemment, le site devra être en mesure de recevoir des propositions de projets de tous les citoyens, et pas seulement des candidats eux-mêmes. Un groupe de personnes devra donc être en mesure de recevoir des suggestions de projets politiques, des les éditer et de les publier sur le site. De cette manière, le bassin de projets électoraux sera encore plus enrichi et diversifié et permettra aux candidats d’avoir une plate-forme plus substantielle.

Chaque candidat se verra accorder un nom d’utilisateur et un mot de passe, une fois sa candidature officialisée par le Directeur Général des Élections, et il pourra ainsi mettre à jour son profil, y ajouter des projets, ou en retirer de sa plate-forme. Chaque candidat aura ainsi sa propre page personnelle qui offrira les mêmes options pour tous (courte biographie, projets endossés, email, liens Internet). Il pourrait même y avoir, en plus, pour chaque candidat, un forum personnel où les partisans du candidat en question, ou les indécis, pourront poser des questions et débattre avec le candidat. Cela sera laissé à la discrétion du candidat, et une restriction quant aux participants et aux messages diffusés devra être élaborée pour éviter les dérapages et les attaques personnelles.

Toute l’information statistique relatives aux candidats et aux projets sera libre et accessible à tous sur le site Internet (nombre de candidats qui endossent un projet particulier, distribution géographique des projets, etc.).
Le site aura, au début de la période électorale, une section où seront présentés toutes les personnes qui envisagent de se présenter comme candidat, mais qui ne le sont pas encore officiellement. La section présentera les possibles futurs candidats avec leurs valeurs, leurs projets et leurs ambitions. L’objectif de la section sera d’aider chaque personne envisageant de se présenter comme candidat officiel à se trouver des alliés, ou des supporters et des bénévoles. Les personnes qui voudront s’impliquer dans la campagne d’un possible futur candidat pourront communiquer avec lui et offrir de l’aider. Aussi, plusieurs « petits » candidats pourront décider de fusionner leurs candidatures en une seule, en fusionnant aussi leurs projets, de sorte à avoir une force de mobilisation et un poids électoral plus important. La section donnera donc l’opportunité à tout le monde de connaître et éventuellement de rentrer en communication avec des possibles futurs candidats, pour ainsi éviter un surnombre de candidatures, et assurer une certaine homogénéité du processus électoral.

Périodes inter-électorales
Après la fin des élections, quand les députés auront pris leur place dans l’Assemblée Nationale, le site changera de fonctionnement. L’information relative aux élections terminées pourra néanmoins être gardée en archive à des fins statistiques, ou pour usage ultérieur quelconque.
Le site gardera une liste de tous les projets qui ont été retenus par au moins un député élu. De cette manière, les citoyens pourront faire un suivi des projets qui les tiennent à cœur, en suivant les activités des différents députés qui les endossent.

Le mandat primordial du site, en dehors des élections, sera de faire un suivi de tous les députés, et ce de manière régulière. Il créera, pour chaque député, une nouvelle page personnelle, et assignera, aux députés qui le désirent, un nom d’utilisateur et un mot de passe. La page personnelle du député montrera, en tout temps, et de manière explicite, la plate-forme politique qui lui a permis de se faire élire. Dans ce contexte, le travail du site sera, pendant les 3 ou 4 années inter-électorales, de présenter les activités de chaque député, relativement à l’avancement des projets de sa plate-forme politique présentée comme « promesses électorales ». De cette manière, le site servira en quelque sorte de garde-fou aux députés, et d’assurance qu’ils soient redevables de leurs promesses aux gens qui l’ont élu.

Cette présentation publique et libre des projets et des activités de tous les députés pourra avoir un impact secondaire non-négligeable. Les députés pourront, à travers ce site, avoir une connaissance plus rapide, plus détaillée et plus directe des projets et des valeurs défendus par leurs collègues. Ils pourront ainsi créer des alliances avec tous les députés qui endossent des projets communs, et accélérer leur réalisation dans l’Assemblée Nationale. De cette manière, l’influence de la ligne de parti pourrait être grandement amoindrie, encourageant d’une part les députés à endosser des projets qui les tiennent personnellement à cœur, et d’autre part, en créant des alliances politiques axées sur des projets, et non sur des dogmes idéologiques qui sont par définition hermétiques. Les députés pourront, de plus en plus s’ouvrir à tous les autres députés, en fonction de leurs projets communs, indépendamment de leur affiliation partisane. La démocratie n’en sera que perfectionnée car les députés seront moins redevables au chef de leur parti et plus à leur électorat.

05
Mai
08

Pourquoi et comment aller à l’école?

Le rôle de ce texte ne sera pas d’étudier les normes systémiques de notre éducation, mais plutôt de chercher les fondements épistémologiques implicites derrière les techniques d’apprentissage.

1. L’école : un idéal

*****On peut définir l’école comme un lieu où une société regroupe ses jeunes individus sur une base régulière afin de les intégrer et leur donner un rôle social (carrière, travail). À la naissance, on est relativement similaire, et plus on remonte dans notre création, dans notre vie embryonnaire, plus on se ressemble. Si on remonte au début de notre création alors qu’on n’est qu’une cellule, à part en regardant dans notre code génétique, aucune différence notoire ne peut se faire. Plus le temps avance, et plus notre corps se forme, plus les différences entre les embryons, et par la suite entre bébés, enfants, adultes sont remarquables : morphologie du corps, couleurs des yeux, de la peau, des cheveux, etc. De la même manière, notre esprit aussi se différencie au cours de notre existence, et on développera certaines préférences, certains goûts pour différentes choses. C’est en allant à l’école qu’on acquiert les capacités pour décider du rôle que nous voulons remplir dans la société.

*****L’école est ainsi un élément essentiel de la vie humaine. Peu importe sa manifestation culturelle, elle demeure nécessaire afin de garder une harmonie dans une société et ainsi assurer sa survie et son développement. Si tous les individus d’un groupe humain faisaient la même chose, le groupe, comme tous ses individus ne survivrait pas longtemps. C’est cette différenciation et cette spécialisation des individus en différents secteurs nécessaires et fondamentaux à la survie et au développement d’une société qui permet à la vie humaine de se perpétrer.
*****Comment est-ce que notre société occidentale se charge actuellement de s’acquitter de cette tâche éducative ?

2. L’école occidentale contemporaine

2.1 La forme
*****L’enseignement se donne dans des classes formées d’un nombre assez variable d’élèves allant de quelques dizaines jusqu’à quelques centaines dans certains cas, et d’un professeur. Le professeur enseigne le cours pendant 1 à 3 heures environ pendant que les élèves écoutent, prennent des notes et posent des questions. Le professeur peut donner des devoirs à ses élèves pour poursuivre leur apprentissage à la maison.
*****Après un certain nombre de cours, le professeur donne un travail ou examen. Pour le travail à la maison, l’élève a une échéance pour rendre son devoir, et il a accès à toutes les sources d’information qui lui sont nécessaires. Pendant l’examen, son temps est très limité, de 1 à 3h généralement, et il n’a souvent pas accès aux sources d’information de son cours.
*****L’énoncé pose des questions à l’élève sur le cours que le professeur vient de donner : l’élève reçoit des points quand il répond bien aux questions et la somme de ces points forme sa note à l’examen. Les notes de l’élève à ses examens apparaissent ensuite sur le bulletin pour déterminer la « qualité » de l’élève. La communauté académique peut ainsi évaluer le rendement scolaire de l’élève et ainsi évaluer s’il a les capacités d’avancer dans le programme. Toutes ces notes s’accumulent et déterminent, aux yeux des universités (si l’élève souhaite y aller), la qualité de l’élève, « ce qu’il vaut ». Puis, plus tard, à l’université, une fois le diplôme obtenu, l’élève présentera ses notes (et une expérience de travail peut-être) à un employeur pour obtenir un emploi.
*****Ouf! Tout ce parcours pour un travail! Alors si on regarde bien tout ce procédé, on remarque que l’élément essentiel pour juger un élève sont ses notes. Aux yeux du monde académique, c’est tout ce qui compte. Et de manière générale, le monde académique, avec le monde économique-financier, est le plus respecté aux yeux de l’opinion publique. Autrement dit, les notes reflètent directement ou indirectement la qualité que la société accorde à un individu.

2.2 Le cours
*****L’enseignement à l’école, surtout dans les matières scientifiques, se fait presque systématiquement de manière dogmatique, un peu à la manière de plusieurs religions. La Bible est le livre de cours, et le curé est le professeur. Une trentaine de fidèles (élèves) sont assis devant lui pendant une heure (souvent contre leur gré, de peur de réprimande). Le professeur livre son sermon (son cours) en se concentrant sur certains passages de son livre sacré (chapitres). Il commence avec les définitions : ça c’est ça et ça c’est comme ça. Puis, il explique, qu’on peut manipuler et combiner ces définitions pour arriver à faire des choses. Comme à l’église, on commence le cours en disant aux élèves (fidèles) : « c’est comme ça »! On ne leur demande ni de savoir si c’est vrai, ni de chercher à comprendre d’où ça vient, on leur demande simplement d’accepter ces informations comme des faits incontournables, et incontestables. Puis, on leur demande de travailler dans un contexte, où les « règles du jeu » leur ont été imposées de force. Les pires professeurs répondront à l’élève qui demande « pourquoi? » : « parce que c’est comme ça ». Et à celui qui insiste un peu trop, ça sera la punition.
*****Tout comme pour les écrits religieux, il serait intéressant de retracer le contexte politique dans lequel a été fait le choix du contenu des livres scolaires (sacrés). Tout le monde sait très bien que la Bible (comme plusieurs écrits dits « sacrés ») ont été modifiés au cours du temps. Le pouvoir politique romain, voyant l’ampleur que le christianisme prenait autour de la Méditerranée, a avoué son incapacité à dominer cette nouvelle religion, et a donc décidé de l’infiltrer. Comme le dit le proverbe anglais « if you can’t beat them, join them ». À travers cette ambition politique, l’empire romain s’est accaparé aussi du pouvoir religieux, et à travers les papes, a réussi à manipuler les croyances dites « chrétiennes » de l’époque. De la même manière, mais de façon plus rapproché dans le temps, des individus font des choix et des modifications au programme scolaire. Qui sont ces gens? Comment font-ils leur choix? Ces questions méritent des réponses. Malheureusement, ce n’est pas l’objet de ce texte, mais cela pourra se faire dans un autre article.

2.3 Les notes
*****Combien les élèves « stressent » pendant un examen? Pourquoi? De quoi ont-ils peur? Que s’est-il passé la dernière fois qu’ils ont eu une mauvaise note?

« Si je n’ai pas une bonne note, alors je risque de rater mon cours.
Si je rate mon cours, alors ma note globale sera plus faible.
Si ma note globale est trop faible, peut-être que je ne me ferais pas accepté à l’université, dans le programme que je souhaite, ou alors je ne trouverais pas de travail.
Si je ne rentre pas à l’université, ou si je ne réussis pas à trouver un travail bien rémunéré, alors je deviendrais pauvre.
Et comme ma liberté et mon bonheur sont directement reliés à mon compte en banque, je dois avoir une bonne note, coûte que coûte!! »

*****Le milieu scolaire nous fait chasser inlassablement des notes, avec une promesse ultime de liberté et de bonheur, tout comme le monde de l’emploi nous fait chasser inlassablement de l’argent, avec les mêmes promesses. Les notes sont à l’école ce que l’argent est au monde du travail. On nous prépare lentement à l’école à devoir plaire à quelqu’un (notre professeur) pour garantir des bonnes notes ce qui nous permet ensuite de faire une transition facile dans le monde du travail où on devra plaire à notre employeur pour garantir notre salaire. Dans les deux cas, ce qui nous motive n’est pas l’amour, mais la peur. Laissons Albert Einstein nous l’expliquer :

« Alors que la religion prône l’amour envers son prochain et envers tous les groupes et les individus, la réalité ressemble plutôt à un champ de bataille qu’à un orchestre. Partout, tant en économie que dans le monde politique, le principe directeur est une recherche farouche et sans pitié de succès au dépit du voisin. Cet esprit de compétition prévaut surtout dans les écoles et détruit tout sentiment de fraternité et coopération entre êtres humains et les remplace par une vision de la réussite non pas encrée dans l’amour du travail productif, mais dans l’ambition personnelle et la peur du rejet. »
– Einstein

*****On remarque très bien cet état d’esprit chez les élèves au moment de choisir un programme d’étude : « quelles sont mes notes ? quels sont les programmes avec les rémunérations ultérieures garanties les plus élevées ? ». En répondant à ces deux question, beaucoup (la plupart ?) des élèves font leur choix de programme. Il ne s’agit pas d’apprendre quelque chose, de grandir, de se découvrir, d’apporter quelque chose à la société, non. Il s’agit de gain personnel : « quel programme va m’assurer le salaire le plus élevé ? »
*****Les notes sont donc l’outil de comparaison entre élèves et c’est comme ça qu’on mesure leur qualité. Mais on a dit plus tôt que l’école est là pour former des citoyens à part entière. Alors les notes devraient être la marque de cette qualité chez un individu. Et comme les notes viennent des examens, alors les examens eux-mêmes, doivent donc être l’outil d’évaluation de la qualité du développement civique de l’élève. Voyons voir si c’est effectivement le cas.

2.4 L’examen
*****Un examen se déroule typiquement de la manière suivante : l’élève rentre en classe, s’assied, sort une feuille et de quoi écrire. On lui donne un énoncé, et il répond aux questions posées. Les questions traitent du cours que le professeur a donné dans les dernières semaines. Qu’est-ce qu’on teste chez l’élève pendant cette heure là?
*****On est en train de lui dire : « assieds toi, lis la question et si tu es capable de te remémorer la réponse que j’ai donné pendant le cours, alors tu auras les points. » Est-ce qu’on est en train de développer ses facultés cognitives? Ou est-ce qu’on évalue plutôt sa mémorisation? Est-ce que c’est la même chose? Est-ce qu’avoir une bonne mémoire c’est la même chose qu’être « intelligent »? Non. On lui demande de répéter ce qu’un professeur a dit pendant son cours : ça n’a rien à voir avec l’intelligence ça! L’intelligence c’est justement avoir une pensée indépendante, des idées personnelles et propre à soi. C’est tout le contraire que de répéter ce que quelqu’un dit!! Donc les examens actuels ne développent pas la personnalité, ils développent la mémorisation de l’élève. Ce n’est peut-être pas une mauvaise chose en soi, mais est-ce que c’est vraiment ce à quoi doit se résumer 12, 15, 20 ans de scolarité?

« Autrefois, les illettrés étaient ceux qui n’allaient pas à l’école
Aujourd’hui ce sont ceux qui y vont. »
– Paul Guth

« L’éducation c’est ce qui reste après qu’on a oublié
tout ce qu’on a appris à l’école. »
– Einstein

*****On remarque, autant dans les écoles que dans les universités une hausse du nombre de cas de tricheries. Quel a été le raisonnement de l’élève qui a décidé de tricher? « Je dois apprendre tout ça presque par cœur, toutes ces dates, tous ces graphiques, toutes ces cartes, toutes ces formules, toutes ces règles pour avoir une bonne note. Si au lieu de passer des heures à apprendre toutes ces choses par cœur, je les écris sur un petit bout de papier que je dissimule bien dans mes affaires et que je n’aurai qu’à sortir et regarder quand j’en aurai besoin, je sauverai énormément de temps, et j’assurerai clairement une meilleure note à mon examen, si je ne me fais pas attraper bien sûr! » C’est là qu’on voit le problème des examens et leur limitation. La note d’un « bon » élève et d’un élève qui aura triché pourra être la même! Le « bon » pourra avoir étudié pendant des heures alors que le tricheur n’aura dépensé que quelques minutes de son temps à imprimer son papier triche. Et au final : aucune différence entre les deux, ils auront la même note; l’école les jugera de la même manière. L’examen est incapable de déceler si un élève « sait » vraiment quelque chose ou s’il triche, apprend bêtement par coeur ou répond au hasard.
*****On peut se demander si le manque d’enseignants dans les écoles est relié à ça, ou si le « manque de respect » des élèves aussi est une conséquence de l’inaptitude de l’école à valoriser les vrais qualités d’un individu, à savoir sa personnalité. Toute la scolarité on demande à l’élève de répéter ce qu’on lui dit, sans jamais s’intéresser à ce qu’il pense, ce qu’il a à dire. Et après on s’étonne que les jeunes soient insolents! On ne leur a jamais appris à exprimer leurs idées! On leur apprend à exprimer les idées des autres!
*****Comment surmonter ce problème?

3. Pour une nouvelle école

3.1 Une banque de données d’examens antérieurs
*****La première suggestion est la suivante : créer une banque de données d’examens passés pour tous les niveaux et pour toutes les matières. Les professeurs devront répertorier dans un endroit tous les examens qu’ils ont donnés dans le passé. Cela créera une banque de données d’examens dont les professeurs pourront s’inspirer pour faire de nouveaux examens, en reprenant un examen donné une autre année par un autre professeur, ou en combinant différents exercices de plusieurs examens. Ou si le professeur décide de faire un nouvel examen, il le mettra après la date de l’examen pour le partager avec les autres professeurs ultérieurement. Les élèves, de leur côté devront avoir un accès totalement libre à ce répertoire. À partir du moment où on reconnaît que l’on n’évalue pas la mémorisation de l’élève, on doit lui accorder la possibilité de s’entraîner pour se préparer à son examen, comme ils peuvent déjà le faire pour le brevet avec les « Annabrevet », au bac avec les « Annabac » ou quand ils seront à l’université (HEC est un bon exemple où les professeurs donnent généralement aux élèves accès aux anciens examens, ou encore les programmes de droit de l’Université de Montréal, de l’UQAM ou McGill, et plusieurs autres). Si on veut vraiment développer l’esprit critique, pourquoi ne pas les laisser s’entraîner avec des anciens examens ? Certains professeurs auront peut-être peur parce qu’ils redonnent les mêmes examens année après année. D’abord, s’il s’agit vraiment de questions qui portent à réflexion et qui ne sont pas simplement une question de par cœur, ils ne devraient pas se soucier de ça puisque l’élève est forcé de raisonner. D’autre part, si tous les professeurs font la même chose en même temps, alors chacun d’eux aura accès, pour la matière de leur niveau, à une quantité importante d’examens desquels ils pourront puiser, tous les ans, pour renouveler les examens qu’ils donnent. Si les professeurs s’opposent encore à ça parce qu’ils donnent toujours les mêmes examens, alors c’est leur problème parce que ça fait partie de leur mandat. Cela facilitera d’un côté la révision des élèves, qui souvent, malgré avoir appris leur cours, se retrouvent face à un examen qui les prend par surprise parce qu’on les met dans un contexte auquel ils ne sont pas préparés. Alors que réviser à partir d’examens antérieurs est la seule manière de garantir une bonne note. L’examen est une unité : il regroupe les notions que l’élève doit connaître, il met aussi l’élève dans un contexte où ce dernier doit apprendre à gérer son temps, chose qu’il ne peut pas faire simplement en faisant des exercices du livre ou en apprenant son cours par cœur. Il peut se mettre dans le même contexte chez lui, et se chronométrer, choisir les exercices en fonction du barème et en commençant avec le plus facile pour lui. Du côté des professeurs, cela créera une source non négligeable d’examens, d’exercices, de problèmes et pourra peut-être normaliser un peu plus le type d’examen donné. Cela pourra créer une collaboration entre eux, ou des échanges et des débats sur la forme des examens.

3.2 Les examens à livre ouvert
*****La deuxième proposition est la suivante : faire des examens à livre ouvert. Si on s’entend pour dire que l’examen n’est pas là pour tester les facultés de par cœur des élèves, il s’ensuit qu’il n’y a pas de raison de les priver de leurs cours. Laissez-moi vous donner un exemple : « deux élèves sont assis dans la salle d’accueil et discutent de la théorie de l’évolution. Le premier décrit à l’autre un type de spéciation de la théorie de l’évolution dont il ne se souvient pas du nom. Le second réfléchit en se rappelant qu’il l’avait déjà appris pour un cours, mais après un moment, il lui répond qu’il ne s’en souvient plus. Le premier, insatisfait, lui dit qu’il revient. Il revient quelques minutes après en courant, avec un grand sourire en disant : « j’ai trouvé ! Ça s’appelle la spéciation allopatrique ! » » Pendant que le second avait abandonné sa recherche simplement parce que sa mémoire lui faisait défaut, l’autre est allé chercher à la bibliothèque. Tout ça pour dire que dans la vie de tous les jours, surtout maintenant, on ne se retrouvera pratiquement jamais dans une situation où quelqu’un nous « empêche » d’avoir accès à l’information ! Quand j’écris ce texte, je peux à tout moment ouvrir mon dictionnaire pour vérifier l’orthographe d’un mot, et Word le fait systématiquement, même s’il peut se tromper. Alors pourquoi empêcher, à l’école, pendant l’examen, tout accès à l’information à l’élève ? Qu’est-ce qui est mieux à développer chez un élève : sa mémoire ou sa faculté de chercher l’information dont il a besoin ? Pour cette raison, il faudra tôt ou tard rendre tous les examens à livre ouvert. Fini le par cœur, on ne vit plus dans un monde où la connaissance est sacrée et réservée à une élite. En fonctionnant de la sorte, finis les tricheurs ! Et c’est quelque chose qui se fait déjà dans beaucoup de cours à l’université. Pourquoi priver l’élève de l’information dont il a besoin ? Est-ce que dans son travail son employeur, ou son client lui dira : « je veux que tu fasses ce travail, mais tu n’as pas le droit d’utiliser ni ton dictionnaire, ni Internet, ni aucune autre source d’information » ? C’est évidemment absurde ! Pourquoi est-ce que ça ne le serait pas autant à l’école ?

3.3 La créativité scientifique contre le dogmatisme
*****Ce qui est intéressant dans la science, c’est que les choses qu’on enseigne aux élèves n’ont pas toujours fait partie des connaissances de l’humanité : avant une certaine période, elles n’en faisaient pas partie, et après une certaine période, elles ont apparu. Autrement dit, entre ces deux moments, une découverte a été faite par un individu : par un individu créatif. Alors cette connaissance n’est pas venue à cette personne de manière dogmatique, comme on l’enseigne à l’école : personne n’était là pour lui dire « c’est comme ça », simplement parce que personne n’avait connaissance de cette chose!
*****C’est là que, pour enseigner la créativité à l’élève, il est essentiel de lui faire revire dans son esprit la découverte de cette personnalité. L’individu qui a fait cette découverte a suivi un certain raisonnement qui lui a permis, à un moment, d’avoir une « vision » et de découvrir quelque chose de nouveau : c’est ça la créativité. Alors si l’élève est capable de comprendre (pas de répéter par cœur!) le raisonnement de cette personnalité, il pourra avoir une idée de ce que représente le processus de créativité, et il pourra, à son tour, être créatif dans les domaines qui l’intéressent.
*****Une des matières de base de la science est la géométrie. Le mot géométrie vient du grec et se décompose en géo et en métrie. Le premier terme signifie la Terre et le second mesure. Géométrie signifie donc : la mesure de la Terre, ou mesurer la Terre. Faire de la géométrie, c’est donc étudier la Terre, et les Grecs l’étudiaient par rapport à la Lune et au Soleil. Ils ont été capable de mesurer la circonférence de la Terre environ 300 ans avant Jésus-Christ : ils avaient donc prouvé que la Terre était ronde! On peut donc dire que la géométrie c’est le début de l’astronomie, le début de la physique. On peut noter parmi les grands scientifiques de l’époque des noms comme Pythagore, Thalès, Platon, Archimède, etc. Et n’oublions pas l’apport de la civilisation égyptienne dans la culture grecque.
*****Alors, pour commencer dans les écoles l’éducation scientifique, les professeurs pourraient commencer en primaire, ou au début du secondaire, à recréer dans les salles de cours les grandes découvertes géométriques et astronomiques faites par les Grecs et par les autres cultures. Prouver que la Terre est ronde est un raisonnement relativement simple, mais combien d’adultes (ne parlons pas des enfants) sont capables de le prouver? L’avantage des premières découvertes de géométrie et d’astronomie est qu’elles sont très peu coûteuses matériellement et qu’elles seront donc facilement réplicatives dans les salles de cours, avec un grand nombre d’élèves.

3.4 L’école des professeurs
*****Cette approche pose le problème suivant : on suppose que les professeurs ont eux-mêmes fait ces découvertes, les ont comprises, et sont capables de les retransmettre. C’est pourquoi le premier projet éducatif viserait d’abord à transmettre ces connaissances aux professeurs, sur une base relativement régulière, afin qu’ils soient continuellement eux-mêmes en train de travailler leur créativité, ce qui améliorera inévitablement la qualité de leur enseignement. Ils n’auront plus peur des questions du genre « pourquoi? » venant des élèves, parce qu’ils sauront de quoi ils parlent, ils ne seront pas simplement en train de répéter ce qu’un autre professeur leur a dit, ou ce qui était écrit dans un livre. Les professeurs seraient donc eux-mêmes toujours en train d’apprendre des nouvelles choses, et de développer leur créativité, ce qui ne pourra qu’avoir un impact positif sur la société. On pourrait appeler ce projet éducatif « l’école des professeurs »
*****Si l’école est capable de former dès l’âge de 12 ans, des élèves qui auront revécu et compris les grandes découvertes de base de l’humanité, on formera des citoyens créatifs et un avenir social coloré, accueillant et stimulant.

3.5 La complémentarité de l’art
*****Qu’est-ce qui permet de dire, dans une œuvre d’art : « c’est beau »? Quel rôle complémentaire est-ce que la science peut jouer dans l’art? En comprenant les découvertes scientifiques, on apprend ce que voulait dire le mot « créativité ». Et on remarque qu’essayer de comprendre les écrits relatant des découvertes scientifiques sont très similaires, sinon identiques au processus d’observation d’une œuvre d’art : l’artiste s’exprime dans son œuvre, il veut dire quelque chose, et il fait de son mieux pour rendre l’idée claire. Et ça devient très amusant quand il s’agit d’une idée complexe mais universelle comme la mort, ou l’amour, parce que ce sont des idées qu’on prétend connaître intuitivement, mais l’artiste trouve toujours des nouvelles manières de les présenter, et ça stimule l’imagination.
*****Aussi, le lien entre la science et l’art est beaucoup plus étroit qu’on pourrait le penser. En effet, la musique en est un très bon exemple : les intervalles des tons musicaux sont déterminés de manière harmonique, mathématiquement. La récurrence de la proportion dorée (nombre d’or) en architecture et en peinture est un autre très bon exemple du lien entre les mathématiques et l’art.
*****Comme projet pour l’art, il faudrait essayer d’abord d’encourager les approches pédagogiques qui font découvrir aux jeunes les liens entre la science et l’art, mais aussi de développer chez eux des fortes capacités de dessin et de chant, pour commencer. On devrait apprendre aux enfants à dessiner avant d’écrire, et de chanter avant de parler. Ça aurait des impacts non négligeables sur la qualité de leur expression : on atteint des plus hautes décibels en chantant qu’en criant!

3.6 Le sport, et les priorités sociales
*****Pour conclure, je dirai un mot sur la place du sport dans l’école. Je pense que c’est une matière encore sous-évaluée. Le sport c’est un art et c’est aussi une science. C’est transformer son corps en œuvre d’art vivante (le meilleur exemple serait la danse), et c’est aussi faire des calculs très complexes de manière intuitive en quelques fractions de seconde (lancer un ballon de basket-ball par exemple). Je pense qu’il faudrait mettre l’emphase chez les plus jeunes sur la souplesse, l’équilibre, la dextérité et graduellement, quand le corps d’adulte prend plus forme, ajouter le développement de la force. Aussi, les sports sont une excellente manière de développer le sens d’analyse, de leadership, de courage, et de fraternité.
*****Quel pourcentage de personnes qui font du sport sont des athlètes rémunérés? Quel pourcentage de scientifiques et des artistes sont rémunérés? Quelle est la masse monétaire totale des athlètes professionnels, des scientifiques et des artistes? Les scientifiques sont sous-payés et sous le patronage d’institutions militaires, pharmaceutiques, etc. La plupart des artistes ne sont même pas rémunérés pour ce qu’ils font! Alors qu’une infime minorité, déterminée par la « loi du marché » et « l’opinion publique » reçoit des millions de dollars pour un film, une peinture, une chanson… Pour les sportifs, même chose : s’ils ne font pas partie de cette petite élite, ils peuvent oublier une carrière dans le sport. Pendant ce temps, les athlètes professionnels reçoivent des millions et des millions de dollars. Et que se passe-t-il pour le reste de la population? Leur salaire ne fait que ralentir face à leur pouvoir d’achat. Qu’est-ce qui est plus essentiel à une société : un plombier ou une star de hockey? Un ingénieur ou une star de cinéma? Un fermier ou une célébrité musicale?
*****Regardons où la société distribue son argent, et nous devinerons ses priorités.

3.7 L’histoire et les langues
*****D’autres aspects fondamentaux sont évidemment les langues et l’histoire, et qui sait quelles découvertes nous réserve l’avenir quant à ses deux matières : peut-être deviendront-elles des sciences à part entière. La langue peut évidemment créer un parallèle avec le chant, et même avec le dessin. L’histoire peut avoir des liens incontestables avec toutes les matières.
*****Tous ces aspects de l’éducation devraient être centrés sur la découverte, l’imagination, la créativité et l’expression au détriment du par cœur.
*****« L’école des professeurs » pourrait intégrer des professeurs de tous les domaines et développer des projets avec une approche multidisciplinaire : les mathématiques et la musique, la géométrie et le dessin, les sports et la physique, etc.

4. L’avenir de l’enseignement

*****Nous vivons depuis quelques années une véritable révolution dans les moyens de communication, et particulièrement avec le développement fulgurant d’Internet. Nous avons maintenant accès, en quelques cliques, à presque toutes les connaissances de l’humanité, et ce généralement gratuitement. L’information n’est plus réservée aux élites : elle est devenue accessible à qui veut chercher. « Celui qui cherche, trouvera. » On pourrait peut-être déjà appliquer cette citation biblique à Internet!!
***** À une époque, il fallait aller dans les monastères pour trouver le savoir, à cause de la rareté des livres dû aux coûts du papier, combiné au labeur de la transcription manuelle. (Notons que nous prenons ici un point de vue très Eurocentriste car la Chine a véritablement été l’inventeur du papier et de l’imprimerie.) Avec cette révolution, les universités et les bibliothèques se sont multipliées en Europe, et surtout aux États-Unis et les gens ont bientôt pu avoir un accès gratuit à plusieurs livres. Maintenant, avec l’Internet, nous avons accès à plus d’information que jamais et ce, sans contraintes géographiques!
***** On peut remarquer que plus l’information est difficile d’accès, plus on doit se fier à sa mémoire, et c’est une des raisons pour lesquelles plus on retourne dans l’histoire de l’homme, plus on remarque une importance croissante accordée à la mémoire dans l’enseignement. Même il y a à peine une génération, les professeurs faisaient beaucoup apprendre par cœur aux élèves. Maintenant, on remarque la futilité de ne se fier qu’à sa mémoire dans un monde comme le nôtre, car quelques cliques suffisent pour retrouver de l’information.
***** Les écoles et les universités devront donc s’éloigner rapidement d’un enseignement axé sur la mémorisation, pour le remplacer par un enseignement axé sur la capacité à se poser les bonnes questions et à chercher de l’information. « Pourquoi aller à l’école si tout ce qu’on m’apprend, je peux le trouver moi-même? » L’école et l’université font face à un paradoxe grandissant : d’un côté la croissance exponentielle d’information accessible à tout le monde, et de l’autre la nécessité d’apporter quelque chose de nouveau et pertinent à ces jeunes en soif d’avenir.