05
Mai
08

Constitution et droits humains

Qu’est-ce qu’une Constitution ?

C’est un ensemble de principes et de règles qui définissent l’organisation d’une société, et plus précisément d’un pays.

À quoi sert une Constitution ?

D’abord à créer un certain ordre et une harmonie dans la vie d’une société.

Mais quel genre d’ordre ? (Un régime tyrannique peut créer un certain ordre…)

Évidemment, un ordre positif et bon pour le plus de gens, idéalement pour tout le monde.

Sur quoi se baser donc pour déterminer les principes et les règles d’une Constitution de sorte que cette dernière bénéficie à tout le monde ?

Il faut trouver ce qu’il y a de commun à tous les êtres humains ; il faut trouver ce que chaque être humain cherche vraiment, inconditionnellement.

Quel est la valeur la plus fondamentale ? Quelle est la chose à laquelle chaque être humain aspire ?

Le bonheur évidemment ! Tout le monde souhaite être heureux, on peut dire qu’il s’agit d’une pulsion innée en nous. Chaque bébé qui naît cherche, dès les premières secondes de son existence à maximiser son bonheur.

Si la recherche ou la poursuite du bonheur est innée, peut-on la considérer comme un droit ?

Oui, de la même manière qu’on considère la vie comme un droit humain parce qu’elle est innée. À partir du moment où la personne qui existe n’a pas décidé de naître, elle a le droit à la vie. Le bonheur, ou la poursuite du bonheur, la spiritualité est un droit humain fondamental. En fait, on peut le considérer comme étant le droit le plus important de tous, car de lui découle tous les autres droits comme le droit à la vie par exemple : comment quelqu’un peut-il aspirer au bonheur sans être vivant ? Le droit au bonheur implique nécessaire le droit à la vie.

Si le droit au bonheur est le droit le plus important, quels sont les autres droits ?

En partant du principe que la poursuite du bonheur est un droit, on peut se demander ce qui est nécessaire pour pouvoir aspirer au bonheur. On a dit que le fait d’être vivant est une condition nécessaire pour pouvoir chercher le bonheur. Le droit à la vie est en quelque sorte le « premier » droit (sans être nécessairement le plus important).
Mais le tout n’est pas simplement d’être en vie, mais pour être heureux, nous devons également être en santé. Qui peut espérer être vraiment heureux sans être dans la meilleure santé ? Le droit à la santé est donc le « second » droit, après le droit à la vie.
Ensuite, une fois vivant et en santé, nous avons besoin de jouir d’une liberté « spatiale » (je dis spatiale pour faire la différence avec la liberté « existentielle » qu’on nomme aussi indépendance). En effet, qui peut espérer être heureux en étant en prison, ou enchaîné physiquement ? Le droit à la liberté (« spatiale », donc liberté de mouvement) est donc le troisième droit après le droit à la vie et à la santé.
Un homme vivant, en santé, et libre n’est jamais vraiment libre s’il ne jouit pas d’un certain confort matériel. C’est ce que j’appelle le droit à la prospérité, c’est-à-dire le droit de posséder, d’acquérir des biens et de s’enrichir. Sans ce droit à la prospérité, un être humain ne pourra jamais se doter des outils de son bonheur. Il s’agit donc du quatrième droit humain.
Une fois vivant, en santé, libre et prospère, un être humain ne sera jamais satisfait, car ces choses là seules ne procurent pas le bonheur. Pour y aspirer, l’être humain doit avoir le droit de s’éduquer, d’acquérir des connaissances, car un homme qui ne peut pas savoir ce qu’il veut restera insatisfait et malheureux. Le droit à l’éducation (à l’information, à la connaissance) est donc le cinquième droit humain.
Finalement, le sixième, ultime et plus important droit humain de tous est le droit au bonheur. Le droit au bonheur implique que chaque être humain a le droit d’être heureux, ce qui signifie que le bonheur d’une personne n’est pas plus important que le bonheur d’une autre personne. Notre bonheur personnel est aussi important que celui de toute autre personne. Finalement, le bonheur est le droit le plus important de tous.

Cela peut se résumer de la sorte :

Le droit au bonheur =(implique)=> le droit à l’éducation =(implique)=> le droit à la prospérité =(implique)=> le droit à la liberté =(implique)=> le droit à la santé =(implique)=> le droit à la vie. C’est-à-dire qu’en reconnaissant le bonheur comme le droit humain le plus fondamental, on accepte implicitement tous les autres droits.

Y’a-t-il une hiérarchie entre ces droits ?

Comme il a été démontré que quelqu’un de mort ne peut pas aspirer au bonheur, de même quelqu’un de mort ne peut pas s’éduquer, ne peut pas prospérer matériellement, ne peut pas se mouvoir et se déplacer où bon lui semble, ni ne peut être en bonne santé.
Ensuite, quelqu’un de gravement malade ne sera jamais vraiment libre : il ne pourra pas se déplacer comme il voudra à cause de sa maladie. Sa maladie l’empêchera aussi partiellement de prospérer, et à cause de ces choses là, son éducation personnelle, et son bonheur en seront affectés.
De même, quelqu’un qui ne bénéficie pas d’une liberté de mouvement, même si sa vie et sa santé sont assurées, ne pourra ni prospérer à sa guise, ni s’éduquer comme il le souhaitera et son bonheur en sera affecté.
Quelqu’un de pauvre (qui ne bénéficie pas de la prospérité) ne pourra ni s’éduquer à sa guise, ni être vraiment heureux.
Finalement quelqu’un qui vit dans l’ignorance ne pourra jamais vraiment être heureux non plus.

Il y a donc la hiérarchie de droits humains suivante : vie – santé – liberté – prospérité – éducation – bonheur.
Ainsi, en reconnaissant aussi que le bonheur des uns a la même importance que le bonheur des autres, on peut comprendre facilement la chose suivante : si le bonheur d’une personne nuit INTENTIONNELLEMENT au bonheur d’une autre, alors on peut dire que c’est un crime, c’est une violation de la loi naturelle, universelle. Le meilleur exemple est le cas d’une personne ou d’un groupe de personnes qui se moquent d’une minorité, ou d’un groupe moins fort que lui. C’est donc un crime de se moquer de quelqu’un dans l’intention de rendre cette personne malheureuse. Dans ce sens, excusez l’audace, mais le bonheur des uns ne fait pas toujours et nécessairement le malheur des autres. C’est possible, mais ce n’est pas forcément le cas. Le bonheur n’est pas quantifiable comme de l’argent, ou des biens matériels. Pour cette raison, quand quelqu’un est heureux, il ne vole ce bonheur à personne. Quelqu’un dont le bonheur passe par le malheur des autres peut être considéré comme un criminel sadique. Quelqu’un qu’on appelle en anglais un « bully » c’est-à-dire quelqu’un qui s’amuse à faire souffrir émotionnellement les autres, ce qu’on peut notamment voir dans les écoles, est quelqu’un dont la définition de bonheur personnel passe par le malheur des autres. On peut le considérer comme un criminel parce qu’il viole le droit humain essentiel au bonheur d’un autre pour affirmer le sien, et ce consciemment.

En suivant la même démarche, on peut remarquer les catégories de crimes suivant :

Le bonheur d’une personne viole :
– le bonheur d’une autre (en toute connaissance de cause, comme mentionné plus haut);
– l’éducation d’une autre;
– la prospérité d’une autre;
– la liberté d’une autre (« ça me fait plaisir de t’enchaîner physiquement »);
– la santé d’une autre personne;
– la vie d’une autre (les tueurs en série);

L’éducation (accès à l’information) d’une personne viole :
– l’éducation d’une autre (en toute connaissance de cause; l’éducation d’une personne n’est pas plus importante que l’éducation d’une autre);
– la prospérité d’une autre;
– la liberté d’une autre;
– la santé d’une autre (la torture);
– la vie d’une autre (« je dois te tuer pour obtenir une information »);

La prospérité d’une personne viole :
– la prospérité d’une autre (en toute connaissance de cause);
– la liberté d’une autre (l’esclavage);
– la santé d’une autre (l’industrie des cigarettes, pharmaceutique, et toute entreprise basée sur l’assomption suivante : « pour être riche, j’ai besoin que tu sois malade »);
– la vie d’une autre (assassinat d’une personne qui met en danger les profits d’une compagnie);

La liberté d’une personne viole :
– la liberté d’une autre (en toute connaissance de cause);
– la santé d’une autre;
– la vie d’une autre;

La santé d’une personne viole :
– la santé d’une autre (en toute connaissance de cause);
– la vie d’une autre;

La vie d’une personne viole :
– la vie d’une autre (en toute connaissance de cause; la vie d’un être humain n’est pas plus important que la vie d’un autre);

Notez deux choses :

La première est que, de par la hiérarchie des droits mentionnés, un droit plus haut dans la hiérarchie ne peut pas violer un droit plus bas. Par exemple, si quelqu’un, pour assurer sa santé, n’a d’autre choix que de violer le droit à la prospérité d’un autre, son action sera justifiable et légale. Au Mexique par exemple, la loi interdit de voler, sauf dans le cas où une personne n’a aucun autre moyen de se procurer de la nourriture.

La deuxième chose est qu’il est possible qu’une personne accepte intentionnellement de SE faire violer un droit. Par exemple, les soldats qui se sont battus pendant la deuxième guerre mondiale pour libérer l’Europe et qui sont morts, avaient acceptés implicitement la prémisse suivante : « ma vie est moins importante que celle de mes supérieurs ». Mais toute l’armée, même aux plus hauts gradés qui combattaient sur le terrain, avaient accepté cette même prémisse, et collectivement, ils avaient tous accepté que la cause pour laquelle ils se battaient étaient plus importante que leur propre vie. Un autre exemple de cela est la mort de Jésus. Jésus a accepté de mourir pour protéger notre bonheur dans un sens. Il avait accepté que sa vie était moins importante que notre accès au bonheur, chose qui d’après la hiérarchie du droit présentée ici, semble criminel. Mais la différence est qu’il s’agissait d’un choix personnel et conscient qui n’impliquait que lui. On peut donc dire qu’on peut, et même dans certaines circonstances, on se doit de violer cette hiérarchie, mais seulement envers nous-mêmes, pour rétablir un certain équilibre dans la justice universelle.

Le droit à l’identité

Après réflexions et relecture de mon texte, je pense avoir oublié un droit fondamental : le droit à l’identité. C’est un droit qui paraîtra étrange, mais il s’agit du droit le plus primaire de tous, venant avant celui le droit à la vie : il exprime le droit d’un individu de se définir comme bon lui semble. C’est un droit extrêmement important, car c’est en prenant en compte notre manière de nous définir que nous pouvons agir et revendiquer certaines choses. Cet aspect prend une signification très importante au point de vue légal. Nous definissons-nous comme des êtres humains? Comme des « personnes »? Comme des animaux? Comme des fils de Dieu?

Ce droit est inviolable et est une manifestation de notre libre-arbitre. Nous pouvons rejetter notre libre-arbitre, mais seulement volontairement. C’est-à-dire que nous avons besoin de notre libre-arbitre pour nier notre libre-arbitre et le léguer à quelqu’un d’autre. À ce titre, je vous conseille d’écouter cet entrevue: entrevue radio de Jacques-Antoine Normandin.

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