Archive pour mai 2008

21
Mai
08

La topologie de Leibniz: analysis situs

Voilà que je veux vous présenter ici une nouvelle topologie que vous n’avez très certainement jamais apprise, et qui est surtout supérieure à celles qui existent aujourd’hui (à ma connaissance).

Je vais commencer par une citation de Leibniz qui sera l’avocate de la supériorité de sa topologie:

« Dieu a choisi [le monde] qui est le plus parfait, c’est à dire celui qui est en même temps le plus simple en hypotheses et le plus riche en phenomenes »

Cela veut dire un minimum de règles, de principes, de lois et un maximum de possibilités. C’est ce principe qu’il a appliqué au développement de ce qu’il a appelé l’analysis situs, qui est devenu la topologie, mais dont il est le véritable fondateur.

Leibniz, comme il a si bien réussi à me convaincre aussi, trouve que le monde géométrique de Descartes est loin à la fois de la réalité et aussi de la simplicité. Comment exprimer une forme apparemment simple comme un cercle ou une sphère. On doit déjà commencer, systématiquement, par définir un repère dit « cartésien », et ensuite on doit déterminer une équation. Pour un cercle par exemple, après avoir défini le repère cartésien, on a x^2 + y^2 = r^2. Cela fait un total de 11 symboles (on compte les puissances comme un symbole à part entière, même si on peut l’écrire en exposant, car il s’agit de l’expression d’un principe différent). 11 symboles pour un cercle. Et cela reste relativement simple, mais à quel point se complique-t-on la vie pour exprimer des formes ne serait-ce qu’un peu plus complexe (cône, tore, ellipsoïde, etc.). C’est un système clairement handicapant et contre-intuitif. Mais il a un mérite, tout est immobile, il n’y a pas de surprise. C’est un monde froid, mais rassurant.

Leibniz n’aime pas ce monde, tout comme moi d’ailleurs. Il propose une autre manière de décrire des formes, en utilisant le minimum de symboles et une approche purement constructive et intuitive. Il l’appelle l’analysis situs, ce qui signifie l’analyse des situations:
« Les méthodes géométriques auxquelles je songe sont au nombre de deux: la première consiste à exprimer complètement une figure en n’utilisant que des caractères, sans l’aide d’explications verbales et sans y adjoindre de figure; la seconde consiste à le faire en n’utilisant que des mots, sans l’aide d’aucun autre caractère et sans l’aide d’aucune figure. »

Une autre citation prenante:
« L’algèbre n’est autre chose que la caractéristique des nombres indéterminés, ou des grandeurs. Mais elle n’exprime pas directement la situation, les angles, et le mouvement. »

Assez de suspense, voilà son invention (ou découverte?!?):
Soit le symbole « \/ » signifiant « pareil que ». Soient les lettres du début de l’alphabet A, B, C, etc. des points fixes de l’espace, et les dernières lettres de l’alphabet Z, Y, X, etc. des ensembles de points de l’espace.

Exemple simple:

  • AB \/ AZ = l’ensemble des points Z tel qu’ils aient tous la même relation avec A que la relation de B avec A; autrement dit l’ensemble des points Z de sorte que la distance AB soit la même que la distance AZ; à vous de trouver la forme correspondante…
  • AZ \/ BZ = l’ensemble des points Z tel qu’ils aient tous la même relation avec A et B; autrement dit, l’ensemble des points Z tel qu’ils soient à la même distance de A que de B; à vous de trouver…
  • AZ \/ BZ \/ CZ = l’ensemble des points Z tel qu’ils soient à la même distance de A, B, et C…
  • ABC \/ ABZ = l’ensemble des points Z tel qu’ils aient la même relation avec A et B que la relation qu’entretient C avec A et B; autrement dit, l’ensemble des points Z tel que la distance AZ = AC, BZ = BC; un peu plus dur, mais faisable…

Toutes les citations viennent du livre « la caractéristique géométrique » par Leibniz édité chez VRIN. Je pourrai écrire aussi des citations très intéressantes sur les applications possibles d’une telle topologie…

2ème partie

Pour essayer de prolonger la discussion et surtout montrer mon niveau d’approfondissement de ce langage, je vous propose deux nouvelles formes très particulières qui, je le pense, laissent entrevoir des possibilités intéressantes:

  • AB \/ AZ \/ ZX;
  • AB \/ AZ \/ ZX \/ XY.

Je voudrais terminer avec les propos de l’auteur du langage en question, notre très cher Gottfried Leibniz, tiré d’une lettre adressée à Christian Huyghens en 1679:

« Si elle était achevée de la manière que je la conçois, on pourrait faire en caractères qui ne seront que des lettres de l’alphabet la description d’une machine quelque composée qu’elle pourrait être, ce qui donnerait moyen à l’esprit de la connaître distinctement et facilement, avec toutes les pièces et même avec leur usage et mouvement, sans se servir de figures ni de modelles, et sans gêner l’imagination. […] On pourrait faire aussi par ce moyen des descriptions exactes des choses naturelles, comme par exemple des plantes et de la structure des animaux. »

« Je crois qu’on pourrait manier par ce moyen la mécanique, presque comme la géométrie. Et qu’on pourrait même venir jusqu’à examiner les qualités des matériaux, parce que cela dépend ordinairement de certaines figures de leurs parties sensibles, comme si on décrivait la constitution, on en pourrait déduire leurs usages. »

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11
Mai
08

The end of illiteracy?

I want to present to you here a new revolutionary technique that I have developed in order to put an end for good to the problem of illiteracy in the world. It is a technique that doesn’t require any special training to understand on the part of the illiterate person, something which, on the one hand significantly reduces the costs related to such a project, and on the other hand, gives greater independence and self-sufficiency to the learner. I first start by using the case of Haiti as an illustration of the problem of illiteracy because it is one of the countries where this problem is more significant.

More than half of Haitians are illiterate

Illiteracy is a serious problem in Haiti. According to several sources, more than half of the Haitian population that lives on the island doesn’t know how to read, and thus doesn’t know how to write either. Imagine for an instant that you are illiterate. Your communication is done exclusively through auditory and visually means with the outside world. In order to communicate with someone, you absolutely need to talk to that person face to face or by telephone. You must always be “live” with someone to communicate with him or her. Your communication is strictly instantaneous and momentary. You could use a recording device, but that would certainly be extremely tedious.

Moreover, in a poor country like Haiti, illiterate people are bound to live in a world that begins and ends as far as their ears and eyes can hear and see, that is to say, not very far. Everything that comes from further away than this perimeter comes to you through someone that you hear speak in person, or through the radio. And if this person is illiterate like you (a probability of more than 50%), he will only tell you what he saw himself, or what he has been told by someone else. Just like the game that children play where a phrase is spoken in a chain and comes back to the beginning, the original message is always deformed. Imagine then the quality of information and ideas that an illiterate person receives. He is dependent on the honesty and the intelligence of the people with whom he communicates to understand the world outside of his sensory perceptions.

Now, how can a society hope to prosper when more than half of its population is maintained in this weak and fragile intellectual state? Even if the elite is literate and knows how to read and write and can install a government dedicated to the welfare and to the development of all, if the majority of the population remains illiterate, the victory will only be short lived. Convincing an illiterate person becomes as easy as organizing a political upheaval in the country. Every lie and political manipulation becomes child’s play, and a coup d’état easily succeeds. Illiteracy is perhaps one of the main elementary causes of the political instability of Haiti in the last decades.

How to solve this problem?

The situation is certainly very alarming for Haiti, like many other poor countries, as well as for all illiterate people on Earth. But this crisis can come to an end. Illiteracy can really become history.

The method that I am proposing is an original way and very quick way to teach to people how to read and write. It is an original method, albeit not a new one, because it dates back to the period when hieroglyphs were being used, as was the case in Ancient Egypt and in America at the time of the Olmecs, and other civilizations as well. We found on their pyramids, their buildings, their temples and artifacts writing systems based on hieroglyphs. And just like any writing system, it consisted of a one-to-one correspondence between symbols and sounds.

In the majority of the world’s languages today, we use letters, and each letter represents more or les a sound, and by organizing these sounds in our mind, we create words and we are able to read and understand what is written. This is why we are able to read words that we don’t know, in that we are able to pronounce the words simply by combining the different sounds represented by the letters (symbols).

Hieroglyphs work in the same way, but instead of using letters as symbols to represent sounds, it uses drawings. Every drawing is a sound. And by combining the sounds represented by the drawings (symbols), we are able to read. It is the same process with the writing system based on letters, the only difference being in the nature of the symbols being used (hieroglyphs versus letters).

How, then were the Ancient Egyptians and Olmecs able to read? Before answering that question, let us examine rapidly how we, who use letters, learn how to read. It is fairly simple to explain even though it may not be the quickest way to learn. We memorize in school the correspondence of the sounds and the 26 letters of the alphabet, and the combinations of letters such as “th” or “ch”. It is only a matter of learning them by heart, and through practice, we can be able to read without any problem. It is a little axiomatic, but it works.

Now, how did the Ancient Egyptians and Olmecs do it? First, they obviously knew how to speak before learning to read. When they saw a hieroglyph, they were already able to pronounce the word corresponding to the drawing. For example, if a hieroglyph was representing a jaguar, a young Olmec might have said to himself: “I know what that is. It is a jaguar.” And that was the case for all the hieroglyphs that represented objects from ordinary life, and that everyone could easily identify. Now, the originality and the ingenuity of such a system was this: each hieroglyph corresponded to the first sound of the word of the object that was drawn.

Again, with the example of the hieroglyph of the jaguar, this hieroglyph represented the sound “J” because it is the first sound of the word “jaguar”. In adopting such a system to the English language, the combination of a hieroglyph of a jaguar, an ostrich and a bear would correspond to the combination of the three sounds “j”, “o” and “b”. By putting them together, we get the sound “job”, and thus the very word “job”. Thus, in our new system of hieroglyphs, a job would be written with the hieroglyphs of a jaguar, an ostrich and a bear. (I will not bother you with my drawing skills!)

The development of a new writing system

What I am suggesting is in reality very simple. It is a project that could help Haiti directly, and all the people who still suffer from illiteracy. The project stems from the realization that all people and all individuals have a language and know how to speak it. From this vocabulary, a number of hieroglyphs must be developed representing concrete objects from everyday life and whose first sounds cover all the sounds used in the particular language. For Creole for instance, all the sounds can be found in the Latin alphabet by the use of one letter or two: a, j, k, and ch, in, etc. It is important, for very language, to use hieroglyphs that are easy to draw, that do not cause any vagueness in their interpretation and that represent universal things as much as possible, and also things that stimulate the senses and the imagination. For example, for the sound “C” or “K”, if we had to choose between the drawing of a car and a cat, we would choose the car because it is easier to recognize and because it is something closer to our human identity. For the sound “A”, we could choose an apple. And for the sound “T”, we could choose a table.

For this particular combination, the hieroglyphs of a car, an apple and a table yield the word “cat”. In this new alphabet, that’s how one would write the word cat.

Thus, this project of literacy will require the formation of a hieroglyphic writing system that covers all the sounds of a particular language. Then, one would only need to explain to others that each hieroglyphs corresponds to the first sound of the thing it represents. Once that has been understood combined with some good will and a little practice on the part of the learner, and he will easily be able to read.

The superiority of such a writing system is that it doesn’t require any training! Indeed, the illiterate person only needs to understand the principle of the “first-sound” of the drawing, and he will be able to read alone, by himself, independently of the presence of anyone. His reading will be slowly at the beginning, but with a little time, he will certainly be able to read as fast as any average reader. He will even be able to write immediately after having understood the “first-sound” principle. A table of all the hieroglyphs will have to be given to him, and he will then be able to draw the different hieroglyphs to form words, phrases and express ideas.

But, although he will be able to read in this hieroglyphic system in particular, he will not know how to read in the writing system with letters that the literate individuals of his people use. How should this transition be done?

A transition from hieroglyphs to letters

Again, the solution is simple. We would only need to add inside every hieroglyph the letter or letters corresponding to the particular sound. For example, inside the hieroglyph of … (Like I have done in the example above.) By getting used to reading the hieroglyphs and making the association between the symbols and the sounds, the individual could after a while, drop the drawings altogether and remember only the letters. The letter that he will see will remind him of the hieroglyph, and the hieroglyph will remind him of the sound, through the hieroglyph. After some time, his mental process will override the step of reminding the hieroglyph and he will be able to make the direct association between the letter and the sound: he will know how to read!!

A computerized translation

The first step is thus to establish a hieroglyphic alphabet for a given language. Once this alphabet has been done, it is necessary to produce texts that are to be read in this new system. The texts could be translations or new original ones. To do so, I think the most effective way would be to develop this writing system by computer. The simplest way would be to develop a program that would make an automatic translation between Latin letters and hieroglyphic symbols. Every hieroglyph would be recorded in the program and would be associated to a letter or a couple of letters (corresponding to one sound). The program could then translate an entire text by replacing every letter or couple of letters with the corresponding hieroglyph. The texts thus translated could be printed and distributed to the particular illiterate people , in all the regions of the world, according to their mother tongue.

The first universal text could be written to welcome them to the world of books, in the form of a history, or a fable and advise them of its possible dangers, as well as the pleasures one can get out of reading and writing.

A proof

To show you concretely that this method really works all the time, I encourage you to translate this sentence yourself:

Some possible problems

The only problem that I can foresee now is the orthography and the grammatical rules. Also the fact that there are different ways to represent the same sound. But the project that I am suggesting is not intended as a substitute for the study of languages of all the people of the world, but rather a simple tool to enable everyone to read and write in a system that is only a step between illiteracy and literacy.

Our future

We, as Human beings, are living in a very particular moment in our history. We have come to the point where we are all connected, as single Human species. Communication and transport means have totally revolutionized our lives, and we can now consider ourselves truly as neighbors. But despite these increasing proximities and interdependences, we still suffer from racism, sexism, paranoia and war. A elementary and crucial step to remedy these problems is the literacy of all Human beings to give each and everyone of them the necessary tools to develop their freedom of thought and communication, thus eliminating one of the barriers that are still separating us.

10
Mai
08

La fin de l’analphabétisme?

Je veux vous présenter ici une technique révolutionnaire que j’ai développée pour mettre fin une fois pour toute à l’analphabétisme dans le monde. C’est une technique qui ne nécessite pratiquement aucun apprentissage de la part de la personne analphabète, ce qui diminue d’un côté les coûts de son application, et de l’autre côté, cela accentue l’indépendance et l’autonomie des personnes qui en bénéficieront. Je présente ma technique d’abord en m’appuyant sur l’exemple d’Haïti qui est des pays qui souffre le plus de l’analphabétisme. Cette description ne se veut être qu’un exemple parmi d’autres pour illustrer le problème en question.

Plus de la moitié des Haïtiens sont analphabètes

L’analphabétisme est un problème très grave en Haïti. Selon plusieurs sources, plus de la moitié de la population haïtienne qui vit sur l’île ne sait pas lire, et donc ne sait pas écrire non plus. Imaginez un instant que vous êtes analphabète. Votre communication se fait exclusivement de manière auditive ou gestuelle avec le monde extérieur. Pour communiquer avec quelqu’un, vous devez absolument parler à cette personne en face, ou par téléphone. Vous devez toujours être « en direct » avec quelqu’un pour communiquer avec lui. Votre communication est strictement ponctuelle et momentanée. Vous pourrez utiliser un magnétophone, mais la chose serait très certainement laborieuse.

En plus dans un pays pauvre comme Haïti, les analphabètes sont voués à vivre dans un monde qui commence et qui s’arrête aussi loin que leurs oreilles et leurs yeux peuvent entendre et voir, ce qui veut dire, pas très loin. Tout ce qui vient de plus loin que ce périmètre vous vient par l’intermédiaire de quelqu’un que vous entendez parler, en personne ou à la radio. Et si cette personne est analphabète comme vous (plus d’une chance sur deux), alors elle ne vous racontera que ce qu’elle a vu elle-même, ou ce que quelqu’un lui a raconté. Comme le jeu d’enfant où une phrase est répétée successivement autour d’un cercle, quand la phrase revient au début, elle est généralement déformée. Imaginez alors la qualité des idées et des faits qu’un analphabète reçoit. Il est dépendant de l’honnêteté et de l’intelligence des gens avec qui il communique pour comprendre le monde à l’extérieur de son périmètre sensoriel.

Maintenant, comment une société peut espérer prospérer quand plus de la moitié de sa population est maintenue dans cet état de fragilité intellectuelle? Même si l’élite éduquée qui sait lire et écrire peut instaurer un gouvernement dédié au bien-être et au développement de tous, si la grande majorité de la population reste analphabète, la victoire restera précaire. Convaincre quelqu’un d’analphabète est facile, et organiser un renversement politique le devient tout autant. Tout mensonge et manipulation politique devient un jeu d’enfant, et un coup d’état est vite réussi. L’analphabétisme est peut-être une des causes les plus élémentaires de l’instabilité politique d’Haïti de ces dernières décennies.

Comment y remédier?

La situation est certainement très alarmante pour Haïti, comme pour d’autres pays « pauvres », et pour tous les analphabètes du monde. Mais cette crise peut avoir une fin. L’analphabétisme peut être entièrement éradiqué de la Terre.

La méthode que je propose est une manière originale et très rapide d’apprendre aux gens à lire et à écrire. C’est une méthode originale, mais pas nouvelle, parce qu’elle date de la période d’utilisation des hiéroglyphes, comme ce fut le cas en Égypte au temps des Pharaons, en Amérique au temps des Olmèques et dans plusieurs autres civilisations du monde. On a retrouvé sur leurs pyramides, leurs immeubles, leurs temples et plusieurs artéfacts des systèmes d’écriture sous forme de hiéroglyphes, et comme tout système d’écriture il s’agit d’une corrélation entre des symboles et des sons.

Dans la majorité des langages du monde, on utilise des lettres, et chaque lettre représente plus ou moins un son, et c’est en agençant ces sons dans notre esprit qu’on forme les mots, et qu’on arrive à lire et comprendre ce qui est écrit. C’est pourquoi on est capable de lire des mots qu’on ne connaît pas, c’est-à-dire qu’on peut les prononcer simplement en combinant les différents sons représentés par les lettres (symboles).

Les hiéroglyphes fonctionnent de la même manière, mais au lieu d’utiliser des lettres comme symboles pour représenter les sons, ils utilisent des dessins. Chaque dessin est un son. Et en combinant les sons représentés par les dessins (symboles), on est capable de lire. Il s’agit du même procédé qu’avec un système basé sur des lettres, la seule distinction se faisant dans la nature des symboles utilisés (hiéroglyphes versus lettres).

Alors, comment les Égyptiens ou les Olmèques apprenaient-ils à lire? Avant d’y répondre, examinons d’abord comment nous (qui utilisons des lettres) apprenons à lire. C’est assez simple à expliquer, quoique ce n’est pas forcément la manière la plus rapide et la plus efficace de faire. On mémorise à l’école la correspondance des sons avec les 26 lettres de l’alphabet, en plus des accents, et des combinaisons particulières comme « ch » ou « ph ». Il s’agit simplement de mémoriser par cœur, et à force de le pratiquer, on peut être capable de lire sans problème. C’est un peu axiomatique, mais ça marche.

Maintenant, comment est-ce que les anciens Égyptiens et les Olmèques faisaient? D’abord, ils savaient évidemment parler avant d’apprendre à lire. Alors en voyant les dessins des hiéroglyphes, ils étaient déjà capables de prononcer le mot correspondant au dessin. Par exemple, si un hiéroglyphe représentait un jaguar, alors un jeune Olmèque pouvait se dire : « Je sais ce que c’est. C’est un jaguar. » Et il en était de même pour tous les hiéroglyphes qui représentaient des choses de la vie courante, et que tout le monde pouvait facilement identifier. Maintenant, l’originalité et l’ingéniosité d’un tel système résidait dans cet aspect : chaque hiéroglyphe correspondait, dans un mot, au premier son de l’objet dessiné.

Encore avec l’exemple du hiéroglyphe en forme de jaguar, ce hiéroglyphe représentait le son « J » parce qu’il est le premier son du mot « Jaguar ». Alors par exemple, en adaptant ce système au français, la combinaison d’un premier hiéroglyphe d’un jaguar, et le second d’un ours représenteraient les deux sons « j » et « ou ». En les mettant ensemble, on obtient le son « jou », et on comprend tout de suite qu’on parle d’une joue. Alors dans notre système hiéroglyphique, une joue s’écrirait avec un jaguar et un ours. (Je vous épargne mes dessins de jaguars et d’ours!)

Le développement d’un nouveau système d’écriture

Ce que je propose est en fait très simple. C’est un projet qui peut aider Haïti directement, et tous les peuples qui souffrent encore d’analphabétisme. Le projet part de la constatation que tous les peuples et tous les individus ont un langage, et savent parler. À partir de ce vocabulaire doit être établi un certain nombre de hiéroglyphes qui représentent des choses concrètes et dont les premiers sons couvrent tous les sons du langage. Pour le créole par exemple, tous les sons peuvent se retrouver dans l’alphabet latin soit par une lettre simple (a, j, k), soit par une combinaison de deux lettres (ch, ou, in). Il est important, pour chaque langage, d’utiliser des hiéroglyphes simples à dessiner, qui ne posent aucune ambiguïté de langage et qui représentent des choses « universelles » autant que possible, et aussi des choses qui stimulent les sens et l’imagination. Par exemple, pour le son « ch », entre chien et chapeau, chapeau est plus facile à dessiner, alors il devrait être adopté plutôt que chien. Ou encore, pour le son « a », entre un hiéroglyphe d’avion et d’ananas, l’avion devrait l’emporter parce qu’il rappelle le mouvement, le voyage, la découverte, donc des valeurs plus essentielles et éternelles que seulement un goût dans la bouche (à condition que le peuple en question connaisse ce qu’est un avion évidemment).

Et dans cette combinaison particulière, les deux hiéroglyphes de chapeau et d’avion combinés donnent le son « cha » et c’est donc la manière d’écrire le mot « chat ».

Alors le projet d’alphabétisation nécessitera l’élaboration d’un système d’écriture hiéroglyphique couvrant tous les sons d’un langage en particulier. Il suffira ensuite d’expliquer que chaque hiéroglyphe correspond au premier son de la chose qu’il représente, et avec un peu de volonté et de la pratique, un analphabète pourra apprendre à lire (dans ce système d’écriture).

La supériorité de ce système d’écriture est qu’il ne nécessite aucune formation! En effet, la personne analphabète a simplement besoin de comprendre le principe du « premier son » du dessin, et il sera capable de lire seul, de manière indépendante, sans la présence de quiconque. Sa lecture sera lente au début, mais avec le temps, il sera très certainement capable de lire aussi vite que tout lecteur moyen. Il pourra ainsi même écrire tout de suite après avoir appris le principe du « premier son ». Il lui suffira d’avoir une table de tous les hiéroglyphes qui devra lui être donné, et il pourra ensuite reproduire les dessins pour former des mots, des phrases, et communiquer des idées.

Mais évidemment, il saura lire dans ce système hiéroglyphique en particulier, mais ne pourra pas lire dans le système de lettres que tous les gens lettrés de son peuple utilisent. Comment faire cette transition?

Une transition entre les hiéroglyphes et les lettres

Encore une fois, la solution est simple. Il suffirait d’ajouter à l’intérieur de chaque hiéroglyphe la ou les lettres correspondant au son en question. Par exemple, à l’intérieur du hiéroglyphe d’avion, insérer la lettre « A ». À l’intérieur du hiéroglyphe de chapeau, insérer les lettres « CH ». (Comme j’ai fait plus haut.) À force de lire les hiéroglyphes, et de faire l’association entre le symbole et le son, l’individu pourra, à la longue se défaire du dessin, et ne retenir que les lettres. La lettre qu’il verra lui rappellera le hiéroglyphe, et le hiéroglyphe lui rappellera le son, et ainsi il pourra faire la correspondance entre la lettre et le son, par l’intermédiaire du hiéroglyphe. À la longue, son procédé mental sautera l’étape de rappel du hiéroglyphe et fera une association directe entre lettre et son : il saura lire!!

Une traduction informatique

La première étape est donc d’établir un alphabet hiéroglyphique pour un langage donné. Une fois cet alphabet terminé, il est nécessaire de produire des textes à lire dans ce nouveau système. Les textes pourraient soit être des traductions, soit des écrits originaux. Pour ce faire, je pense que la manière la plus efficace serait de développer ce système d’écriture par ordinateur. La manière la plus simple serait de développer un programme qui ferait une traduction automatique des lettres latines avec les symboles hiéroglyphiques. Chaque hiéroglyphe serait enregistré dans un programme, et serait associé à une lettre ou un couple de lettres latines (correspondant à un son). Le programme pourrait ensuite traduire tout un texte en remplaçant chaque lettre ou couple de lettres par le hiéroglyphe correspondant. Les textes ainsi traduits pourraient être imprimés et distribués aux analphabètes, dans toutes les régions du monde, en fonction de leur langue maternelle.

Un premier texte universel pourrait être écrit pour leur souhaiter la bienvenue dans le monde de l’écriture, sous forme d’histoire, de fable peut-être, et les aviser des dangers potentiels, et aussi des bonheurs que la lecture et l’écriture peuvent procurer.

Une preuve

Pour vous montrer que cette méthode fonctionne à tout coup, je vous propose de « traduire » cette phrase :

Des problèmes à anticiper

Le seul problème que je peux anticiper maintenant est l’orthographe et les règles d’accord, et ce en particulier pour le français où les règles les unes les plus inutiles que les autres abondent! Aussi, le fait qu’il y ait plusieurs manières de représenter le même son. Mais le projet que je propose ne se veut pas un substitut pour l’étude des langues propres à chaque peuple, mais plutôt un outil simple pour permettre à tous de pouvoir lire et d’écrire dans un système intermédiaire entre l’analphabétisme et l’alphabétisme complet.

Notre avenir

Nous vivons à une époque très particulière de l’humanité. Nous sommes arrivés au point où nous sommes tous reliés en tant qu’espèce humaine. Les moyens de communication et de transport ont totalement révolutionné notre vie, et on peut maintenant tous se considérer comme des véritables voisins. Malgré ces contacts grandissants et cette interdépendance, nous souffrons encore de racisme, de sexisme, de paranoïa et de guerres. Une étape élémentaire pour remédier à ces problèmes est l’alphabétisation de tous les êtres humains pour donner à chacun les outils nécessaires pour développer leur liberté de penser et de communiquer, et éliminer ainsi une des barrières qui nous sépare encore.

10
Mai
08

aUI: le langage de l’espace

aUI a 42 phonèmes (incluant les variations nasales des voyelles pour les nombres), chacun étant associé à un principe particulier. Les voyelles en majuscules sont prononcées plus longuement:

• a (prononcé comme dans aller): ‘espace’
• A (prononcé comme dans âme): ‘temps’
• e (prononcé comme dans été): ‘mouvement’
• E (prononcé plus longuement “éé”): ‘matière’
• i (prononcé comme dans hiver): ‘lumière’
• I (prononcé plus longuement “ii”): ‘son’
• u (prononcé comme le “ou” dans ours): ‘humain’
• U (prononcé plus longuement “oouu”): ‘esprit’
• o (prononcé comme dans eau): ‘vie’
• O (prononcé comme dans ôser): ‘sentiment’

• y (prononcé comme le “u” dans une): ‘négatif’
• q (prononcé comme le “eu” dans heure): ‘condition’

• a*: 1 (l’astérisk indique que le son est court, nasal et represent un nombre)
• e*: 2
• i*: 3
• u*: 4
• o*: 5
• A*: 6
• E*: 7
• I*: 8
• U*: 9
• O*: 10
• y*: 0

• b: ‘ensemble’
• c (prononcé comme le “ch” dans chemin): ‘être’
• d: ‘à travers’
• f: ‘ceci’
• g: ‘intérieur/dedans’
• h: ‘question’
• j: ‘égal’
• k: ‘au dessus’
• l: ‘rond’
• m: ‘qualité’
• n: ‘quantité’
• p: ‘avant’
• r: ‘positif’
• s: ‘chose’
• t: ‘vers’
• v: ‘actif’
• w: ‘pouvoir’
• x (prononcé comme le “x” espagnol dans México): ‘relation’
• z: ‘partie’

06
Mai
08

Électron = esprit, une introduction aux découvertes de Jean E. Charon

1. Introduction
_____L’article qui suit est une introduction aux découvertes en Physique de Jean E. Charon sur les électrons et leur comportement « spirituel », directement inspiré de la lecture de son ouvrage de 1977 intitulé L’Esprit, cet inconnu.
_____Charon a vécu de 1920 à 1998 et a dédié sa vie à la recherche en Physique et à la rédaction de nombreux ouvrages, à partir des années 60. Il a été d’une part porté à rédiger des ouvrages pour la communauté scientifique, et d’autre part des ouvrages pour le grand public traduisant dans un vocabulaire et des images plus accessibles des notions scientifiques essentielles, qu’il intègre dans un contexte métaphysique, philosophique, et cosmologique.
_____En 1977 Charon fait une découverte fondamentale qu’il nomme la Relativité complexe. Cette notion s’inscrit en complémentarité aux travaux d’Einstein effectués quelques décennies plus tôt. C’est après la publication de cet ouvrage scientifique, qu’il publie quelques mois plus tard L’esprit, cet inconnu où il vulgarise sa découverte pour le public et montre les réponses qu’elle apporte quant aux questionnements spirituelles de l’Homme.
_____Le présent article servira d’introduction au livre L’esprit, cet inconnu de Charon et donc de sa découverte fondamentale montrant que ce qu’on entend par le mot esprit n’est rien d’autre que l’électron de la matière.

2. La mécanique quantique
_____La mécanique quantique est sûrement le sujet le plus partagé autant par des individus du monde universitaire que du public « amateur ». Est-ce parce qu’il s’agit d’un sujet tellement accessible et facile à comprendre ? Ou est-ce qu’il s’agit d’un sujet où « tout le monde peut avoir raison » ?

_____Rappelons rapidement, avant d’aller plus loin, que toute Matière est composée d’atomes, qui eux-mêmes sont composés de neutrons, protons et électrons. Les neutrons et les protons forment ensemble le centre de l’atome, qu’on appelle le noyau. Autour de ce noyau tournent les électrons. L’atome le plus simple et le plus récurrent de notre Univers est l’hydrogène, et se compose généralement d’un proton et un électron en orbite autour de lui. En faisant varier le nombre de protons, neutrons et électrons, on obtient tous les éléments comme le Fer, l’Or, l’Oxygène, le Carbone, etc.

_____La mécanique quantique provient essentiellement de l’incapacité de physiciens du 20ème siècle à donner l’emplacement et la vitesse d’un électron avec précision. Contrairement à des interactions entre d’autres corps comme la Lune et la Terre, les déplacements de l’électron paraissent imprévisibles.
_____Face à ce paradoxe, les fondateurs de la théorie quantique affirment essentiellement la chose suivante : « le calcul exact de l’emplacement et la vitesse de l’électron autour de son noyau sont scientifiquement impossibles, et tout ce qu’on peut faire c’est donner une probabilité de ces deux caractéristiques. » Et voilà cette grande théorie qu’on appelle la mécanique quantique : rien de plus que des statistiques ! On se demandera inévitablement la question suivante : « est-ce que c’est encore de la science ça ? »

3. La science
_____C’est là qu’on se bute à la question de savoir ce qu’est vraiment la science. La science nous permet de savoir des choses, d’apprendre et maîtriser des vérités quant au fonctionnement de l’Univers (dont nous faisons une partie intégrante, n’oublions pas).
Niels Bohr (un des fondateurs de la mécanique quantique) nous a dit la chose suivante : « aucune chose n’existe tant qu’elle n’a pas été mesurée. »
_____Va-t-on le croire simplement parce qu’il avait un doctorat et une renommée internationale ? Il affirme donc que tant que quelque chose n’est pas mesurée, alors elle ne peut pas exister. Quelle étape antérieure est nécessaire à la mesure d’une chose ? De l’apercevoir évidemment ! Donc, on peut transformer de manière équivalent la phrase précédente de cette façon : « tant que quelque chose n’a pas été observée, alors elle n’existe pas. » Très intéressante théorie en effet. Bohr nous dit donc que les électrons sont apparus dans l’Univers le jour où un être humain les a aperçus pour la première fois. Encore, les électrons n’existent qu’au moment où quelqu’un les observe. Dès que quelqu’un se prépare à en observer, alors l’Univers en fait apparaître un instantanément, jusqu’à la fin de l’observation. Très intéressante théorie. Je ne pense pas que d’autres contre-exemples soient nécessaires.
_____En fait Bohr pense que sa perception contrôle l’existence de toutes les choses de l’Univers. Autrement dit pour vous, lecteur, je n’existe pas, et pour moi vous n’existez pas. Pour que j’existe, alors il faudrait que vous m’aperceviez. Mais c’est assez paradoxal, parce que je suis moi-même capable de me voir. Alors qui a raison ? Moi qui me voit en ce moment, donc qui rend mon existence véridique, ou alors vous qui ne me voyez pas et qui annulez donc mon existence ? Je pense encore une fois qu’il n’est pas nécessaire d’aller plus loin dans ces raisonnements aberrants.

4. L’approche méthodologique de Charon
_____D’un côté, on a des « physiciens » qui, confrontés au paradoxe du mouvement de l’électron, baissent les bras et adhèrent à l’idéologie de Bohr, affirmant implicitement la chose suivante : « nous sommes incapables d’expliquer le mouvement des électrons, alors nous affirmons qu’il est impossible de l’expliquer. » Autrement dit, ils passent de « nous ne sommes pas capables » à « c’est impossible ». Quel spirituo-centrisme (si je peux m’exprimer ainsi) ! Au lieu de s’avouer vaincus et s’orienter vers d’autres sujets, ils perpétuent un mensonge pour justifier leurs pénibles années d’études, leurs notes, leur diplôme, leurs titres, leur salaire et leur statut social ! Pas très scientifique comme attitude vous me direz !
_____Mais heureusement il y a quelqu’un comme Jean Charon qui, en tant que bon scientifique, accepte la réalité comme elle est, et fait une différence entre ce qu’il veut et ce qu’il peut faire. Et avant d’essayer de dire où une chose va être il propose plutôt de commencer par dire ce qu’elle est.

a) l’espace-temps de l’Esprit


_____Dans le livre L’esprit, cet inconnu, où il relate sa découverte et ses répercussions, il commence son raisonnement de la façon suivante : il reconnaît l’existence de l’Esprit comme étant ce qu’on appelle communément notre « Je ». Cet Esprit fait partie de l’Univers et possède un espace-temps propre à lui. Cet espace-temps se manifeste en partie par ce qu’on appelle la mémoire : chaque évènement, chaque perception est « enregistré » dans l’Esprit. L’information enregistrée ne peut pas être « perdue » par l’Esprit ; ce dernier ne peut qu’en accumuler continuellement, et l’organiser. Il qualifie donc l’espace de l’Esprit comme étant un espace à néguentropie (il s’organise) non-décroissante (il ne peut pas perdre d’information).
_____Charon part ensuite de ces caractéristiques de l’espace de l’Esprit pour les comparer avec des phénomènes astrophysiques. Il remarque une similitude importante avec ce qui s’appelle les « trous noirs ».

b) l’espace-temps des « trous noirs »

_____Les « trous noirs » sont le résultat d’une extrême rétraction de la matière d’un soleil qui s’est éteint. Et à cause de cette énorme condensation de la matière et des forces gravitationnelles en un seul point, l’espace se « ferme sur lui-même » à cet endroit là. Pour donner une image plus simple, c’est un peu comme si on place une boule de bois sur l’océan : elle flottera. Mais si on concentre dans cette boule une masse gigantesque, alors, à cause de sa densité, la boule se « détachera » de l’espace qu’elle occupait (la surface de l’eau) pour couler sous l’eau. C’est le même principe avec la condensation dans un point de la masse d’une étoile, à la différence près que l’espace qu’elle occupait est l’espace de la Matière que nous connaissons (ça peut paraître étrange qu’il existe différents types d’espace, mais la suite du texte rendra les choses plus claires, j’espère). Ce qu’il se passe en plus, à cause de la force gravitationnelle localisée et énorme, est que cela crée une courbure de l’espace de sorte que tout ce qui passe près du trou noir est en quelque sorte « aspiré » à l’intérieur de ce dernier, sans pouvoir en sortir. Pour revenir à l’image de l’océan, le trou noir se comporte un peu comme un tourbillon.
_____Charon fait ensuite une expérience théorique : il imagine le voyage d’un astronaute dans un vaisseau, s’approchant du trou noir. D’après les équations tirées de la théorie de la Relativité d’Einstein, les caractéristiques du temps et de l’espace jouent un rôle totalement inverses dans ce lieu : « le voyageur sera prisonnier d’un univers cyclique où à chaque « tour » du trou noir, il vivra les mêmes évènements. »[1] Le temps, dans un trou noir, s’écoule en sens inverse : les phénomènes physiques remontent le temps. Contrairement à « notre » espace habituel et la seconde loi de la thermodynamique qui nous dit que tout système laissé à lui-même perd de l’information et se désorganise (entropie croissante), l’espace du trou noir, lui, « revit » chaque évènement continuellement : il s’organise (néguentropie). De plus, comme rien ne peut sortir d’un trou noir, alors l’espace de ce dernier ne pourra jamais perdre d’information d’aucune manière. On qualifie donc l’espace d’un trou noir comme un espace à néguentropie non-décroissante. (Comparez ce résultat avec la conclusion sur l’espace de l’Esprit décrit plus haut.)
_____C’est là que Charon fait la similitude inévitable entre les caractéristiques de l’espace d’un trou noir avec celles de l’Esprit : les deux sont à néguentropie non-décroissante.

c) l’espace-temps des électrons
_____Charon se dirige ensuite vers les électrons. À travers ses recherches, il démontre que l’espace-temps d’un électron se comporte de la même manière qu’un trou noir : la particule « creuse » l’espace comme le fait un trou noir.
_____En établissant ce parallèle entre l’espace-temps « trou noir » et électron, et « trou noir » et Esprit, il arrive à la conclusion inévitable que l’espace-temps de l’Esprit et celui de l’électron est en fait le même ! Et cet espace-temps qui marche « à l’envers », revivant continuellement chacun de ses évènements, et en accroissant continuellement son information, ne décrit-il pas en fait ce que nous appelons communément la « mémoire » ? La mémoire accumule effectivement sans cesse de la nouvelle information, sans jamais en perdre, et revit continuellement chaque évènement enregistré. La découverte est faite : ce qu’on appelle Esprit et électron ne sont en fait qu’une seule et même chose ! La Matière est l’Esprit sont donc indissociables !

5. Les implications et d’autres découvertes
_____Charon découvre donc, en combinant ses aptitudes en mathématiques, ses connaissances en astrophysiques et en physique, et sa méthodologie créative, à prouver que l’Esprit et l’électron sont la même chose. Il prouve ainsi que ce qu’on nomme notre « Je » est contenu dans l’électron, et qu’ainsi notre Esprit est indissociable de notre corps.
_____Tout le raisonnement derrière cette découverte représente moins de la moitié de son livre, et il consacre le reste aux implications de cette découverte, et à de nouvelles explications de phénomènes naturels qui en découlent.
_____Il touche de manière très profonde et très bien expliquée le rôle de l’Esprit dans la cellule et les chromosomes, la réincarnation, la télépathie, l’Amour, la Cosmologie et plusieurs autres sujets.

6. Mot final
_____À travers quelques passages du livre, on peut noter son opposition catégorique au courant « réductionniste » prévalent dans les milieux universitaires qui veulent à tout prix séparer l’Esprit du reste de l’Univers, le réel de l’imaginaire, le raisonnement de la créativité. Pour lui, l’étude de l’Univers ne peut pas ignorer l’esprit, car ce dernier en fait partie intégrante, aussi bien qu’on ne peut pas étudier le monde en s’y soustrayant.
_____On peut aussi noter son haut niveau de culture car le livre fait de nombreuses références, à travers tous les chapitres, autant à des scientifiques, que de écrivains, des poètes et des prophètes.
_____Finalement, à travers un passage en particulier, intitulé « Si tu es un sage… », on sent son grand amour pour l’humanité et son Esprit visionnaire quand il critique l’état présent des choses et propose de meilleures avenues pour l’avenir.

« L’Esprit ne pourra jamais s’expliquer
comme une sécrétion de la Matière,
aussi complexe que soit celle-ci.

Derrière chaque chef-d’oeuvre,
il faut un architecte.
»

L’esprit, cet inconnu (p. 136)

http://www.jeanemilecharon.com/ (en anglais seulement)
Notes
[1] Citation directement tirée du livre L’esprit, cet inconnu de Jean Charon, et aussi sur le site : http://www.holoenergie.com/1A/1A.html
06
Mai
08

Projet de média politique sur Internet

Parce que les individus et les projets de société sont plus importants
dans une démocratie que les partis politiques et les idéologies.


Objectif :
couvrir également les campagnes électorales de tous les candidats, et faire un suivi continu des députés élus à l’Assemblée Nationale sur un site Internet commun

Motivation :
Dans une société vraiment démocratique, tous les candidats aux élections reçoivent la même visibilité, indépendamment de leurs idées. Cela permet à l’électorat de faire un choix vraiment éclairé et personnel et ainsi de refléter, une fois l’élection terminée, les vrais aspirations de la société.

Malheureusement, la réalité actuelle est toute autre. Les médias nationaux couvrent presque exclusivement les 3, 4, ou 5 chefs des « gros partis », au détriment de tous les autres candidats de ces mêmes partis, et évidemment des plus petits partis politiques et des candidats indépendants aussi. Cela démontre implicitement la chose suivante : on vote pour un parti, mais pas pour un candidat. C’est compréhensible, car comment une chaîne de télévision ou de radio nationale pourrait couvrir plus de 800 candidats de manière égale? C’est impossible. Il est donc normal dans ce contexte, que les médias se concentrent sur les candidats les plus significatifs, c’est-à-dire les chefs des « gros partis ».

Dans ce contexte, les électeurs votent pour un parti, ou pour un chef de parti, dans l’espoir que ce dernier devienne Premier Ministre. Mais que cela arrive ou non, l’électeur aura généralement fait son vote sans connaître ni le nom ni les valeurs et les idées personnelles du candidat en question.

À ces problèmes évidents, existe heureusement une solution, qui devient possible grâce à cette merveilleuse invention qu’on appelle l’Internet. En effet, l’Internet n’est pas un outil médiatique comme les autres : c’est un outil d’information littéralement vivant et interactif. Le visiteur est le maître de sa navigation et de sa recherche d’information. Il est guidé par des titres et des liens, mais c’est lui qui décide quelle page visiter, en fonction de ce qui l’intéresse et de ce qu’il juge important.

L’information de la page Internet n’est pratiquement pas figée ni dans le temps, ni dans l’espace, ni dans sa quantité d’information. La page Internet existe continuellement, indépendamment de l’heure de la journée, alors que les nouvelles télévisées, à la radio et dans les journaux « meurent » une fois l’émission ou l’édition terminée. La page Internet dépend significativement moins de l’espace que la télévision, la radio et les journaux : alors que ces derniers sont limités par la position géographique dans laquelle on se trouve, la page Internet est, normalement, accessible de partout dans le monde, moyennant un ordinateur et une connexion. Finalement, alors que la quantité d’information partagée par la télévision, la radio et les journaux est limitée par le temps d’antenne, ou le nombre de pages, la page Internet peut, à l’inverse, diffuser une quantité quasi infinie d’information, et ce de manière continue.

Ces multiples contraintes obligent les médias conventionnels à couvrir les campagnes électorales de manière très limitées, en se concentrant presque exclusivement sur les chefs des « gros partis » au détriment de tous les autres candidats. Cela entraîne, nous l’avons mentionné plus haut, un conditionnement de l’électorat à voter pour un parti, sans faire attention nécessairement aux idées du candidat de sa circonscription. Le pouvoir politique est accordé implicitement, dans les faits, à moins de 5 individus : les chefs de parti. Mais qu’en est-il des 120 autres députés à l’Assemblée Nationale, ou les 300 autres au Parlement d’Ottawa? Ont-ils des idées et des projets intéressants aussi? Ne méritent-ils pas d’être écoutés?

Cette disparité de couverture médiatique a été, jusqu’à maintenant, il faut l’admettre, nécessaire au fonctionnement démocratique de la société. Sinon, les élections auraient été plus anarchiques qu’autre chose et la société aurait manqué de cohésion. Mais avec le développement d’Internet, une nouvelle dynamique est possible.

Définition :
Le projet présenté consiste à mettre sur pied un site Internet d’information et d’éducation citoyenne. Le site aura deux mandats distincts : l’un pendant les périodes électorales, le second entre deux élections.

Périodes électorales
Pendant les périodes électorales, le site aura le mandat de présenter de manière égale tous les candidats ainsi que leurs projets, indépendamment de leur affiliation politique, pour chaque circonscription. En présentant chaque candidat de la sorte, sans favoritisme, et en présentant clairement chacun des projets qu’il endosse, l’électeur pourra faire une choix informé et personnel : il ne votera pas aveuglément pour une couleur, mais pour des idées, des projets qui sont pour lui importants, et qu’incarnent son candidat favori. Le site présentera un répertoire de toutes les circonscriptions, tous les candidats, et tous les projets. L’électeur pourra ainsi prendre connaissance de tous les projets proposés à l’échelle nationale, par tous les candidats, les évaluer, et choisir ceux qui lui tiennent à cœur et qui lui semblent les plus pertinents. Une fois ses exigences électorales déterminées, l’électeur pourra chercher, parmi les candidats de sa circonscription, ceux avec qui il partage la plus grande affinité idéologique.

Évidemment, le site devra être en mesure de recevoir des propositions de projets de tous les citoyens, et pas seulement des candidats eux-mêmes. Un groupe de personnes devra donc être en mesure de recevoir des suggestions de projets politiques, des les éditer et de les publier sur le site. De cette manière, le bassin de projets électoraux sera encore plus enrichi et diversifié et permettra aux candidats d’avoir une plate-forme plus substantielle.

Chaque candidat se verra accorder un nom d’utilisateur et un mot de passe, une fois sa candidature officialisée par le Directeur Général des Élections, et il pourra ainsi mettre à jour son profil, y ajouter des projets, ou en retirer de sa plate-forme. Chaque candidat aura ainsi sa propre page personnelle qui offrira les mêmes options pour tous (courte biographie, projets endossés, email, liens Internet). Il pourrait même y avoir, en plus, pour chaque candidat, un forum personnel où les partisans du candidat en question, ou les indécis, pourront poser des questions et débattre avec le candidat. Cela sera laissé à la discrétion du candidat, et une restriction quant aux participants et aux messages diffusés devra être élaborée pour éviter les dérapages et les attaques personnelles.

Toute l’information statistique relatives aux candidats et aux projets sera libre et accessible à tous sur le site Internet (nombre de candidats qui endossent un projet particulier, distribution géographique des projets, etc.).
Le site aura, au début de la période électorale, une section où seront présentés toutes les personnes qui envisagent de se présenter comme candidat, mais qui ne le sont pas encore officiellement. La section présentera les possibles futurs candidats avec leurs valeurs, leurs projets et leurs ambitions. L’objectif de la section sera d’aider chaque personne envisageant de se présenter comme candidat officiel à se trouver des alliés, ou des supporters et des bénévoles. Les personnes qui voudront s’impliquer dans la campagne d’un possible futur candidat pourront communiquer avec lui et offrir de l’aider. Aussi, plusieurs « petits » candidats pourront décider de fusionner leurs candidatures en une seule, en fusionnant aussi leurs projets, de sorte à avoir une force de mobilisation et un poids électoral plus important. La section donnera donc l’opportunité à tout le monde de connaître et éventuellement de rentrer en communication avec des possibles futurs candidats, pour ainsi éviter un surnombre de candidatures, et assurer une certaine homogénéité du processus électoral.

Périodes inter-électorales
Après la fin des élections, quand les députés auront pris leur place dans l’Assemblée Nationale, le site changera de fonctionnement. L’information relative aux élections terminées pourra néanmoins être gardée en archive à des fins statistiques, ou pour usage ultérieur quelconque.
Le site gardera une liste de tous les projets qui ont été retenus par au moins un député élu. De cette manière, les citoyens pourront faire un suivi des projets qui les tiennent à cœur, en suivant les activités des différents députés qui les endossent.

Le mandat primordial du site, en dehors des élections, sera de faire un suivi de tous les députés, et ce de manière régulière. Il créera, pour chaque député, une nouvelle page personnelle, et assignera, aux députés qui le désirent, un nom d’utilisateur et un mot de passe. La page personnelle du député montrera, en tout temps, et de manière explicite, la plate-forme politique qui lui a permis de se faire élire. Dans ce contexte, le travail du site sera, pendant les 3 ou 4 années inter-électorales, de présenter les activités de chaque député, relativement à l’avancement des projets de sa plate-forme politique présentée comme « promesses électorales ». De cette manière, le site servira en quelque sorte de garde-fou aux députés, et d’assurance qu’ils soient redevables de leurs promesses aux gens qui l’ont élu.

Cette présentation publique et libre des projets et des activités de tous les députés pourra avoir un impact secondaire non-négligeable. Les députés pourront, à travers ce site, avoir une connaissance plus rapide, plus détaillée et plus directe des projets et des valeurs défendus par leurs collègues. Ils pourront ainsi créer des alliances avec tous les députés qui endossent des projets communs, et accélérer leur réalisation dans l’Assemblée Nationale. De cette manière, l’influence de la ligne de parti pourrait être grandement amoindrie, encourageant d’une part les députés à endosser des projets qui les tiennent personnellement à cœur, et d’autre part, en créant des alliances politiques axées sur des projets, et non sur des dogmes idéologiques qui sont par définition hermétiques. Les députés pourront, de plus en plus s’ouvrir à tous les autres députés, en fonction de leurs projets communs, indépendamment de leur affiliation partisane. La démocratie n’en sera que perfectionnée car les députés seront moins redevables au chef de leur parti et plus à leur électorat.

06
Mai
08

Clara et Socrate : La théorie de l’évolution

« Pourquoi est-ce que tu dis ‘je crois en la théorie de l’évolution’ si c’est une vérité? Est-ce que tu dis aussi ‘je crois que la Terre est ronde’? »

« Le problème ne réside pas autant dans le fait que la théorie de l’évolution soit vraie ou fausse, mais plutôt dans le fait que tu ne sais pas pourquoi tu y crois. »

1. Clara, en sortant de l’école, voit Socrate de l’autre côté de la rue.

2. Salut Socrate!!

3. Hé, salut Clara! Comment ça va?

4. Bien, et toi?

5. Très bien, merci. Alors quoi de neuf?

6. Notre prof de biologie nous a parlé d’une nouvelle théorie pendant toute la semaine, mais ce n’était pas très clair.

7. Ah! Je pense savoir de quoi tu parles!

8. Vraiment? Qu’est-ce que tu penses que c’est? Et pourquoi tu gardes ce sourire sur ton visage? Qu’est-ce qu’il y a d’amusant?

9. Haha! Je ris parce que ça me rappelle plusieurs discussions très animées que j’ai eues avec beaucoup de personnes à ce sujet. Si je ne trompe pas, il s’agit de la théorie de l’évolution.

10. En plein dans le mille! Comment as-tu fait pour deviner?

11. Je sais que tu es une fille très intelligente et quand les choses te sont expliquées clairement, tu les comprend très vite, alors j’ai compris que ton professeur de biologie vous avait enseigné quelque chose d’assez farfelu et mal expliqué. Et pour moi, je trouve qu’il n’y a rien de plus farfelu que la théorie de l’évolution! C’est comparable au mensonge répandu au Moyen-Âge disant que la Terre était plate. Évidemment ces gens qui croyaient ça se trompaient. Mais ils ont quand même assez répandu ce mensonge pour qu’on en ait encore des traces des siècles après! Ces gens répétaient évidemment quelque chose qu’ils avaient entendu et qui leur semblait vrai, sans jamais avoir aucune preuve suffisante. C’est la même chose avec la théorie de l’évolution maintenant.

12. Donc tu n’y crois pas?

13. Tu vois, même toi, tu admets qu’il faut y croire! Et tout le monde pose la même question : « est-ce que tu crois en la théorie de l’évolution? » Comme s’il s’agissait de quelque chose d’improuvable! Mais je n’adopterai pas la même attitude que tous ces menteurs : je te propose d’examiner cette théorie, scientifiquement, d’essayer de la comprendre et vérifier si elle est vraie ou non. Qu’est-ce que tu en penses?

14. D’accord!! Ça sera l’occasion pour moi de vraiment comprendre de quoi il s’agit. Alors, par où est-ce qu’on commence?

15. Je suggère qu’on commence par définir ce qu’on entend par théorie de l’évolution. Qu’est-ce que ton professeur vous a donné comme définition?

16. Il nous a dit que la théorie de l’évolution était composée de deux parties : d’abord la sélection naturelle, puis la spéciation. Il a dit que la sélection naturelle était le procédé par lequel l’environnement affectait le filtrage de gènes dans une espèce. Et la spéciation est le procédé par lequel de nouvelles espèces sont créées. Je pense que c’était ça.

17. D’accord. Si je te comprends bien alors, la sélection naturelle signifie qu’à l’intérieur d’une même espèce, les individus ayant les traits les mieux adaptés à leur environnement auront une plus grande chance de survivre que ceux avec des traits moins bien adaptés. Jusqu’à là on est d’accord?

18. Jusqu’à là je suis d’accord.

19. Ensuite, la sélection naturelle nous dit que puisque les gènes sont responsables des traits des individus, les individus avec des gènes défavorables à leur environnement mourront sans passer leur bagage génétique aux générations suivantes. Pour rendre les choses plus claires, je te propose l’expérience suivante : soient deux populations Pa et Pb de la même espèce S1, vivant dans un environnement commun E1. Prenons un gène G1 appartenant à l’ADN de S1, codant pour un trait essentiel pour la survie des individus de S1. Prenons deux versions différentes de ce gène : G1a et G1b. Maintenant appelons Pa la population ayant exclusivement G1a et Pb la population ayant exclusivement G1b. Admettons que le gène G1b est mieux adapté à l’environnement E1 que son autre version, G1a. Ainsi, les individus de Pa ont un taux de mortalité plus élevé que Pb, en moyenne, parce qu’ils ont une version moins bien adaptée du gène G1. Maintenant imaginons que le gène G1a est tellement pauvrement adapté à E1 qu’il empêche les individus de Pa de se reproduire avant de mourir. Pendant ce temps, G1b est tellement bien adapté à E1 qu’il augmente de manière significative la capacité de Pb de se reproduire. Alors, Pb comme population va se développer et augmenter en nombre d’individus et prendra le monopole, dans un sens, des ressources de l’environnement, pendant que la population Pa diminuera progressivement jusqu’à être totalement éliminée. Donc à un moment, Pa n’existera plus, et seulement Pb aura subsisté dans E1. Puisque Pa n’existe plus, alors G1a a totalement disparue de S1 et G1b est la seule version restante du gène G1. Est-ce que tu es d’accord avec moi là-dessus, Clara?

20. Oui, je dirai que c’est correct, Socrate. Ça me rappelle l’exemple des oiseaux que Darwin avait observés aux Îles Galápagos. La sélection naturelle avait séparée les oiseaux en fonction de la forme de leur bec sur différentes parties de l’île, dépendamment du type de nourriture. Ça je pense avoir assez bien compris, mais c’est plutôt la spéciation que je pense ne pas avoir comprise du tout.

21. D’accord. Plongeons nous sur cet aspect de la théorie puisque nous sommes tous les deux d’accord sur la sélection naturelle. Répondons d’abord à cette question : qu’est-ce que la spéciation nous dit?

22. La spéciation nous dit que les formes de vie plus avancées ou complexes viennent de la transformation ou de l’évolution des espèces moins avancées, plus élémentaires. En gros qu’une espèce peut se transformer, au cours du temps, en une nouvelle espèce plus complexe.

23. Intéressant. Et comment cela se produit-il?

24. Haha!! Je n’en ai aucune idée, Socrate!! Je crois que le professeur a parlé de mutations mais je ne suis pas sûre. Mais tu sais ce qu’on devrait faire, Socrate?

25. Je t’écoute…

26. J’ai vu mon professeur avant de sortir, il était dans son bureau. On devrait lui demander s’il peut nous aider dans notre discussion, qu’est-ce que tu en dis?

27. Excellente idée! Rien de mieux qu’un biologiste pour parler de biologie!

28. Clara et Socrate marchent au bureau du professeur de biologie. La porte est ouverte, le professeur est assis, en train de ranger son bureau.

29. Bonjour professeur!

30. Oh, salut Clara, comment vas-tu?

31. Très bien, merci. Je te présente mon ami Socrate, on parlait ensemble de la théorie de l’évolution et on se demandait si vous pouviez nous aider sur certains points.

32. Bien sûr. J’ai du temps devant moi, et ça me fera un plaisir de vous aider à comprendre cette merveilleuse théorie.

33. Merci beaucoup, professeur. C’est un vrai plaisir de vous rencontrer et je suis content de constater votre grande hospitalité et votre ouverture d’esprit.

34. Tout le plaisir est pour moi, Socrate. J’ai lu plusieurs choses à votre sujet, mais je ne peux me rappeler où exactement. Peu importe, asseyez-vous s’il vous plaît et dites moi comment je peux me rendre utile.

35. Eh bien, professeur, nous avons tous les deux assez bien compris comment la sélection naturelle fonctionne, mais nous avons quelques questions sur le mécanisme de la spéciation.

36. D’accord. S’agit-il d’une partie en particulier?

37. En fait, avant d’avancer plus loin, je vous propose de vous expliquer ce que nous avons compris, pour qu’ainsi vous puissiez mieux savoir ce que nous n’avons pas compris.

38. Allez-y, je vous écoute.

39. Alors, nous avons compris que la spéciation est le mécanisme par lequel de nouvelles espèces sont formées.

40. C’est exactement ce que c’est.

41. Bien. Maintenant, la spéciation dit que des formes de vies élémentaires évoluent pour devenir des formes de vies plus complexes et plus avancées et c’est ainsi que toute vie sur cette planète provient de la même première forme de vie.

42. Oui. En fait vous avez très bien compris ce qu’est la spéciation jusqu’à maintenant. Je ne vois pas où se trouve votre difficulté, Socrate.

43. Mon problème est en fait extrêmement simple, professeur. Il s’agit d’une question très courte qu’avec votre éducation, votre expérience et votre savoir vous pourrez très certainement résoudre rapidement.

44. Je ferai de mon mieux. De quelle question s’agit-il alors Socrate?

45. Je vous préviens, la question est étonnement simple et élémentaire, et pourra même vous paraître enfantine, mais j’espère que vous reconnaîtrez tout de même son essentialité. Alors voici la question : comment?

46. Comment? Quoi? Comment quoi??

47. Comment est-ce qu’une espèce se transforme en une nouvelle espèce?

48. Oh! Haha!! Vous m’avez fait peur pour un instant Socrate, je croyais que vous alliez me poser une question impossible!! La question que vous me posez est en réalité très simple. Je suis surpris qu’avec votre ingéniosité vous n’ayez pas pu y répondre vous-même. Mais soit, je vous l’expliquerai comme je peux, à vous et à Clara. La forme la plus commune de spéciation est la spéciation géographique, encore appelée spéciation allopatrique. En gros, elle nous dit que si nous avons deux populations de la même espèce ayant évoluées dans deux environnements différents pendant suffisamment de générations, leur bagage génétique aura tellement changé, ce qu’on appelle la dérivée génétique, que les deux populations seront devenues deux nouvelles espèces car elles ne pourront plus se reproduire entre elles.

49. D’accord. Merci pour nous avoir si bien résumé la spéciation allopatrique professeur, tout a été très clair. Néanmoins, je crois voir un problème dont j’aimerai vous faire part…

50. Je vous écoute.

51. Bon, vous avez dit qu’à cause de la dérivée génétique, les deux populations, originellement de la même espèce, ne pourront plus se reproduire entre elles. Maintenant la question que je vous poserai est la suivante : quand vous dites qu’elles ne peuvent pas se reproduire, est-ce que vous voulez dire qu’elles n’essaieront pas de se reproduire, ou qu’elles ne pourront pas se reproduire, même si elles essayaient?

52. Non, elles ne pourront pas se reproduire et elles n’essaieront même pas non plus. Je vais vous mentionner une expérience très célèbre dont vous avez certainement entendu parlé. Il s’agit d’une expérience faite par Diane Dodd sur des drosophiles, un certain type de mouche. Elle a séparé les drosophiles qu’elle avait en deux groupes qu’elle a isolés par la suite. Elle a donné deux types de nourriture différents aux deux groupes de mouches et a observé des changements morphologiques notoires sur plusieurs générations. Elle a ensuite réunis de nouveau les deux groupes de mouches dans un environnement commun et a constaté que les individus des deux groupes ne se reproduisaient pas entre eux.

53. D’accord. Vous me paraissez être un homme très raisonnable professeur, et vous avez une réputation importante. J’espère qu’on pourra, ensemble, se mettre d’accord sur une certaine rigueur scientifique concernant les expériences et les conclusions auxquelles on peut arriver. Vous avez clairement dit, au sujet de l’expérience de Dodd, que les deux populations ne se sont pas reproduites entre elles. Est-ce suffisant pour conclure qu’il s’agit de deux espèces distinctes?

54. Bon, d’abord il serait sage de clarifier ce qu’on entend par espèce. La définition la plus communément acceptée est la suivante : deux individus de sexe opposés appartiennent à la même espèce quand ils peuvent se reproduire entre eux et donner naissance à un individu fertile. On peut donc conclure que les deux populations de mouches sont deux espèces différentes puisqu’elles ne se sont pas reproduites entre elles.

55. Ah, c’est là que vous faites une erreur fondamentale de raisonnement, professeur. Prenons comme exemple, nous, les êtres humains. Imaginons que vous, professeur, n’aimiez qu’un certain type de femme. Maintenant, je vous présente une femme très jolie, mais d’un type totalement différent que celui que vous aimez. Vous ne ressentirez pas d’attraction sexuelle envers elle et vous ne serez pas intéressé à la connaître. Est-ce que cela veut dire que vous n’appartenez pas à la même espèce?

56. Bien sûr que non.

57. C’est la même chose avec les drosophiles. Les deux populations n’avaient que des traits morphologiques différents. Comment pouvez-vous, simplement à partir du fait qu’elles ne se sont pas reproduites conclure qu’elles ne peuvent pas se reproduire entre elles? Je pense qu’il serait bon de clarifier la différence entre la compatibilité sexuelle et la reproduction. La définition d’espèce est totalement indépendante de la reproduction. Elle nous dit que deux individus de sexe opposé appartiennent à la même espèce s’ils peuvent se reproduirent. Les individus ont simplement besoin de pouvoir se reproduire, pas nécessairement de se reproduire un jour. Sinon, nous devrions admettre que je n’appartiens qu’à la même espèce des femmes avec qui j’ai eu des enfants, ce qui est évidemment absurde. On devrait aussi admettre que les peuples indigènes du Canada n’appartiennent pas à la même espèce que les peuples indigènes du Kenya parce qu’ils ne se reproduisent pas entre eux! Ce genre de raisonnement aurait peut-être sa place dans une comédie, mais pas dans un discours scientifique. Les deux populations ne se sont pas reproduites entre elles, ainsi on ne peut pas conclure qu’il s’agit de deux espèces différentes!

58. D’accord, mais on ne peut prouver qu’il s’agit de la même espèce non plus!

59. Exactement. On ne peut donc ni conclure qu’il s’agit d’espèces différentes ni qu’il s’agit de la même espèce jusqu’à ce que l’on fasse une expérience pertinente, comme essayer d’inséminer artificiellement les deux populations, ou encore étudier leur ADN respective. Mais jusque là, on ne peut rien conclure et cette expérience ne peut jamais être une preuve pour la véracité de la spéciation allopatrique!

60. Mais, Socrate, regardez toutes les expériences faites à travers les années. Je peux vous nommer plus de milles papiers écrits à ce sujet!

61. S’ils ont tous la même rigueur scientifique que ce dernier exemple, je vous prie de ne pas polluer mon esprit avec, professeur.

62. Socrate, vous êtes la seule personne que je connaisse qui remet en question cette théorie! Tous les biologistes y croient! Il y a trop de preuve pour la nier! Laissez-moi vous donner encore un autre exemple classique de spéciation allopatrique.

63. Avant d’aller plus loin, professeur, j’aimerai vous demander si vous reconnaissez le fait que l’expérience de Dodd est totalement insuffisante pour conclure quoi que ce soit sur la création de nouvelles espèces?

64. Je ne sais pas. Cela me semble encore plausible, que la spéciation peut être arrivée dans le cas des drosophiles, et que c’est comme ça que fonctionne la spéciation allopatrique.

65. Haha! Vous ne répondez pas à ma question! Je ne vous demande pas si vous croyez en la théorie de la spéciation ou non!! Je vous demande simplement si, en tant que scientifique, vous trouvez que l’expérience de Dodd nous permet vraiment de conclure, dans ce cas en particulier, que la première et la seconde population de mouches appartiennent à deux espèces distinctes?

66. Je ne sais pas si elles appartiennent à la même espèce ou non, comme vous avez dit avant, il faudrait faire un test ADN ou d’insémination artificielle pour être sûr. Mais elles ne se sont certainement pas reproduites entre elles, donc je pense qu’il s’agit d’un signe assez fort pour croire qu’elles sont deux espèces distinctes.

67. Encore, professeur, vous échappez la réalité! Je ne vous demande pas d’évaluer statistiquement la possibilité qu’elles appartiennent ou non à la même espèce. Comme scientifique, vous ne pouvez pas dire que puisque quelque chose n’est pas arrivée, alors il y a une plus grande chance que cette chose ne puisse pas arriver qu’elle ne le puisse. Je n’ai pas crié. En se basant sur cette évidence, est-ce que vous pouvez conclure que la chance que je ne puisse pas crier est plus grande que je puisse crier? C’est la même chose avec les mouches de Dodd. La première population ne s’est pas reproduite avec la deuxième population. On ne peut strictement rien conclure sur le fait que ces deux populations peuvent ou ne peuvent pas se reproduire entre elles! On ne peut pas évaluer non plus quelle est la plus grande probabilité entre le fait qu’elles peuvent ou non se reproduire! Cette expérience ne nous dit absolument rien sur la compatibilité sexuelle des deux populations. Ce n’est plus de la science sinon, c’est un raisonnement enfantin : « J’aime ça, alors c’est vrai. » Selon quelle évidence? « Aucune, c’est simplement que je préfère que ça soit comme ça. Ça me semble plus plausible, pour moi, alors je dis que c’est comme ça que tout marche. » Encore une fois, professeur, est-ce que l’expérience de Dodd est scientifiquement rigoureuse pour arriver à une conclusion définitive sur la différence d’espèce entre les deux populations de mouches?

68. Eh bien, il me semble toujours qu’elles n’appartiennent pas à la même espèce. Et puis c’est ce qu’on m’a appris à l’école, et c’est ce que la plupart des grands biologistes croient.

69. Professeur!! Arrêtez d’échapper à la réalité! Je ne vous demande pas de me donner le jugement que les autres biologistes ont sur ce sujet! Je vous demande selon votre propre jugement, votre propre capacité et selon vos propres critères de vérité.

70. D’accord Socrate. Mais ce que je veux dire c’est que depuis le temps que cette expérience est connue et que personne ne l’a opposée, sa conclusion doit être vraie. Mais si vous me demandez objectivement, je vous dirai que comme on a dit plus tôt, on aurait besoin d’une seconde expérience pour conclure rigoureusement sur l’espèce des deux populations.

71. Merci beaucoup, professeur. Je trouve cela très courageux de votre part et aussi très intelligent, parce que vous commencez à répondre en harmonie autant avec votre tête qu’avec votre cœur, au lieu de répondre seulement avec vos sentiments. Maintenant, si nous continuons logiquement notre recherche de vérité, seriez-vous d’accord avec moi si je disais que cette expérience n’est pas une expérience suffisante pour prouver la spéciation allopatrique parce que nous ne pouvons arriver à une conclusion décisive?

72. Oui, je suis d’accord avec vous, Socrate. Si nous ne pouvons conclure avec assurance qu’il s’agit de deux espèces différentes, alors nous ne pouvons utiliser cette expérience dans notre explication de la spéciation allopatrique. Néanmoins, Socrate, il y a plusieurs autres exemples que je peux vous mentionner pour supporter la validité de cette théorie. Prenez l’exemple de l’étude de Nancy Knowlton sur deux populations de crevettes vivant de part et d’autre de l’Isthme du Panama. On sait que cet isthme s’est fermé il y a environ 3 millions d’années. Ainsi, avant s’être fermé, les deux populations de crevettes vivaient dans la même eau et ne formaient qu’une seule et même espèce. Mais la population de crevettes a donc été séparée il y a environ 3 millions d’années de part et d’autre de cet isthme. Alors Knowlton a pris des individus de ces deux populations et les a réuni dans les mêmes eaux, et elle a constaté que les mâles et les femelles se battaient au lieu de s’accoupler! Vous voyez Socrate, encore un autre exemple, comme avec les mouches de deux populations séparées pendant plusieurs générations dans deux environnements différents qui ne s’accouplent pas une fois réunis! Ce n’est pas une simple coïncidence quand même!

73. Haha! Professeur, vous faites encore la même erreur que tout à l’heure, ainsi qu’une nouvelle erreur, cette fois différente. Et pour vous rassurez, je vous dis que j’ai déjà pris connaissance de cette expérience car il s’agit comme vous dites d’un exemple classique que tous les évolutionnistes s’empressent de mentionner pour prouver leur croyance. Tout comme avec les mouches, les crevettes ne se sont pas accouplées. Encore, professeur, est-ce que cela veut dire qu’elles ne peuvent pas s’accoupler? Si quelque chose n’arrive pas, est-ce que cela veut dire que cette chose ne peut pas arriver?

74. Non, ce n’est pas ça. C’est le même exemple, oui, c’est vrai, mais ça ne peut pas être une simple coïncidence que la même chose arrive de nouveau! Scientifiquement parlant, ça ne peut quand même pas être une coïncidence, Socrate!

75. Haha! Bon, mettons nous d’accord sur ce qu’on accepte comme vérité et ce sur quoi on doit suspendre notre jugement. Je vais vous poser la même question que tout à l’heure : est-ce que cette expérience est suffisante pour nous permettre d’arriver à une conclusion définitive sur l’appartenance des deux populations de crevettes à une même espèce ou non?

76. Non, mais Socrate…

77. Non, professeur. Vous devez répondre à ma question, elle est simple et elle est essentielle à notre investigation.

78. Bon d’accord. La réponse est non alors. On ne peut pas, comme avec les mouches, conclure qu’il s’agit ou non de deux espèces différentes parce que les deux populations ne se sont simplement pas accouplées et nous ne savons pas si elles peuvent ou non s’accoupler. On devrait faire des tests supplémentaires d’ADN ou d’insémination artificielle pour pouvoir arriver à une conclusion définitive. Mais vous devez admettre Socrate que comme la même chose est arrivée à deux reprises naturellement avec deux espèces différentes, la théorie se renforce et elle doit, même si on ne peut le prouver, être vraie!

79. D’accord. Avant de continuer, j’aimerai être sûr de votre réponse. Êtes-vous d’accord que cette expérience des crevettes ne nous permet pas, comme avec les mouches de conclure avec certitude sur l’espèce des deux populations? Et ne changez pas de sujet s’il vous plaît professeur.

80. D’accord Socrate. Je ne comprends pas votre obsession avec cette question, mais soit, j’y répondrai clairement : non, nous ne pouvons rien conclure sur l’espèce des deux populations de crevettes.

81. Bien. Nous avons réussi à nous mettre d’accord à deux reprises. Maintenant, nous avons résout votre première erreur de raisonnement quand vous disiez : « si deux populations ne s’accouplent pas, alors elles appartiennent à deux espèces différentes. » Nous nous sommes mis d’accord que ce raisonnement est absurde et totalement faux. Mais vous avez fait une seconde erreur, qui est la suivante. Vous dites que « deux populations de mouches après avoir été séparées pendant longtemps ne s’accouplent pas quand on les réunit. Il se passe exactement la même chose pour des crevettes. Je ne peux rien conclure sur l’espèce à laquelle les populations appartiennent mais deux expériences nous indiquent une seule et même conclusion, alors leur chance de ne pas pouvoir s’accoupler doit être plus grande. » En gros vous dites la chose suivante : « une chose n’arrive pas dans une situation avec quelqu’un en particulier. La même chose, dans la même situation mais avec quelqu’un de différent n’arrive pas non plus. Alors cette chose ne peut pas arriver. » Laissez-moi vous proposer un exemple pour mieux illustrer ce que je veux vous dire : vous souriez dans la rue à une femme, mais cette femme ne vous sourit pas. Vous souriez à une autre femme, et elle ne vous sourit pas non plus. Vous souriez encore à une nouvelle femme et la même chose arrive. Est-ce que vous pouvez conclure que les femmes ne peuvent pas vous sourire? Est-ce que vous pensez que puisque trois femmes ne vous ont pas souris, il y a une plus grande chance que les femmes ne peuvent pas vous sourire que si vous n’aviez fait l’expérience qu’avec une seule femme?

82. Franchement, Socrate, dans ce cas, c’est évident que non. Je devrai sourire à toutes les femmes pour savoir si elles ne peuvent vraiment pas me sourire!

83. Exactement, et encore, peut-être qu’elles étaient toutes de mauvaise humeur ce jour là. Vous devriez essayer le lendemain!

84. C’est vrai. Et le jour suivant, etc. Et alors?

85. Alors, comment est-ce différent des études sur les mouches et les crevettes dont nous avons parlé? Ni les mouches ni les crevettes ne se sont accouplées quand la même chose leur est arrivée, pouvons-nous conclure qu’elles ne peuvent pas s’accoupler et qu’il s’agit de deux espèces différentes?

86. Non, on ne peut pas. Mais encore, il semble plus plausible qu’elles ne peuvent pas s’accoupler. Et il y a beaucoup d’autres exemples qui nous mènent à la même conclusion. Il y a peut-être des centaines, voire des milliers d’expériences à ce sujet. Plus il y en a, plus on est porté à croire que les deux populations ne peuvent pas s’accoupler, ne pensez-vous pas Socrate?

87. Professeur, vous mélangez trop rapidement vos désirs avec la réalité. Il y a des choses qui ne changeront jamais, malgré toute votre volonté et votre désir de les changer! Il y a certaines choses dont la vérité est totalement indépendante de vous. Et cet exemple en est une. Vous pouvez dire autant de fois que vous voulez : « Je veux que la nature soit comme ça, et pas comme ça », elle ne changera jamais simplement basé sur votre désir qu’elle change. Donc vous dites que puisqu’il existe des centaines ou des milliers d’études qui montrent la même chose : deux populations d’une même espèce séparées qui quand on les réunit, ne s’accouplent pas, alors cela vous fait plus pencher sur le fait qu’elles ne peuvent pas s’accoupler. La première question qui me vient à l’esprit est la suivante : est-ce que des tests d’ADN ou d’insémination artificielle ont été faits dans les études que vous avez en tête?

88. Vous voulez dire comme pour ce que nous avions dit à propos des mouches et des crevettes?

89. Oui, dans ces deux exemples, aucun test n’a été fait. Est-ce que dans vos autres études, des tests ont été fait?

90. Non, pas à ce que je sache.

91. Bien, alors des centaines ou milliers d’études que vous avez en tête, aucune n’est plus rigoureuse que l’autre pour conclure si les deux populations ne peuvent pas s’accoupler et qu’elles appartiennent donc à deux espèces différentes?

92. Si on raisonne comme avec les mouches et les crevettes, non, aucune ne nous permet de conclure définitivement qu’il s’agit de deux espèces différentes.

93. Très bien. Maintenant revenons à l’exemple des sourires et des femmes. Vous avez souri à la première femme, elle ne vous a pas sourit et vous n’avez pas été capable de conclure quoi que ce soit sur la capacité des femmes à vous sourire ou non. Est-ce qu’après la deuxième femme, vous avez plus été capable d’arriver à une conclusion?

94. Non, évidemment que non. Il s’agit seulement de deux femmes.

95. D’accord. Et est-ce qu’après trois femmes vous avez été plus capables d’arriver à une conclusion?

96. Non, non plus.

97. Et après quatre?

98. Même après quatre, ce n’est pas assez pour savoir si un jour une femme me sourira.

99. Bien. Et combien de femmes suffira-t-il pour arriver à une conclusion alors?

100. Haha! Socrate, franchement, quel genre de question est-ce que vous me posez? Comme on a dit plus tôt, je devrai essayer avec toutes les femmes, pour toujours pour être sûr que les femmes peuvent ou non me sourire.

101. Donc il s’agit d’une expérience sans fin! Vous n’arriverez jamais à une conclusion!

102. Oui, peut-être. Puisque l’expérience ne finit jamais, je ne peux jamais arriver à une conclusion définitive. Il y a toujours une femme dans un instant différent avec qui je dois essayer.

103. C’est exactement la même chose avec les deux populations de la même espèce, séparées géographiquement que vous avez mentionnées plus tôt. Vous avez une expérience où les deux populations ne se sont pas accouplées, tout comme la première femme qui ne vous a pas souri. Ensuite, vous avez une deuxième expérience où deux populations ne se sont pas accouplées, tout comme vous avez une deuxième femme qui ne vous a pas souri. Et vous avez des centaines ou des milliers d’expériences ou les populations ne s’accouplent pas, tout comme vous pouvez trouver des centaines et des milliers de femmes qui ne vous sourient pas. Vous ne pouvez pas conclure que les populations ne peuvent pas s’accoupler, tout comme vous ne pouvez pas conclure que les femmes ne peuvent pas vous sourire!!

104. C’est vrai. Mais le plus d’expérience je fais, le plus je me rapproche de conclure qu’elles ne peuvent pas s’accoupler. C’est comme avec les femmes!

105. Donc vous dites que le plus de femmes ne vous sourit pas, plus vous vous rapprochez de conclure qu’elles ne peuvent pas vous sourire?

106. Oui, et c’est la même chose avec la spéciation géographique. Plus j’ai d’expériences qui me montrent que les populations ne s’accouplent pas, plus je me rapproche de conclure qu’elles ne peuvent pas s’accoupler.

107. Mais on est d’accord que cette expérience n’a pas de fin?

108. Oui, on est d’accord que je devrai sourire continuellement à toutes les femmes pour savoir si elles peuvent ou non me sourire.

109. On ne peut donc jamais arriver à une conclusion?

110. C’est vrai, parce que l’expérience est infinie.

111. Très bien. Alors on ne se rapproche jamais plus de la conclusion, puisque la conclusion n’existe pas!

112. Haha, ce que vous dites est vrai, Socrate. Je n’y ai jamais pensé de ce point de vue là. Vous dites donc qu’on ne se rapproche jamais plus d’aucune conclusion peu importe le nombre d’expérience faites ou peu importe le nombre de femmes à qui vous souriez?

113. C’est ça. La véracité d’une théorie ne se joue pas dans la quantité d’expérience faite à son sujet. Qu’est-ce que vous en pensez?

114. Je suis d’accord. Peu importe le nombre d’exemples qu’on peut trouver de quelque chose qui n’arrive pas, on ne se rapproche jamais de conclure que cette chose ne peut pas arriver. Il nous suffirait d’un exemple pour prouver le contraire.

115. Exactement! J’étais sûr que vous alliez comprendre, professeur. Ainsi, peu importe le nombre d’expériences comme celles des mouches et des crevettes, on ne se rapproche jamais de conclure que les deux populations finales appartiennent à deux espèces différentes.

116. Si on veut rester rigoureux, je dirai que votre affirmation est correcte, Socrate.

117. Il ne s’agit donc pas d’une preuve suffisante pour justifier la validité de la spéciation. La spéciation allopatrique pourrait être vraie, mais elle n’a jamais été observée avec rigueur, tout ce qu’il existe à son sujet sont des expériences bâclées et incomplètes. On ne peut donc pas conclure, basé sur ces expériences, que la spéciation allopatrique est vraie. En attendant le jour où une véritable expérience nous permettra de conclure que la spéciation géographique est un fait, nous devrions toujours traiter cette théorie comme impossible à juger. Alors la spéciation allopatrique, comme tous les évolutionnistes l’entendent, tombe à l’eau. Mais je suis sûr, professeur, qu’avec toute votre expérience, vous connaissez d’autres théories – parce qu’il ne s’agit vraiment que de théories – et pas de principes, qui expliquent comment la spéciation fonctionne.

118. Bien sûr. Il y a un autre procédé qu’on appelle la spéciation sympatrique. En avez-vous entendu parler, Socrate?

119. Oui, professeur, mais j’aimerai tout de même que vous expliquiez cette théorie en détails afin qu’aucune confusion ne se dissimule entre nous deux.

120. Très bien. Alors la spéciation sympatrique est la création de nouvelles espèces avec ce qui s’appelle la polyploïdie. Une cellule est dite polyploïde lorsqu’elle contient plus de deux lots de chromosomes homologues. Ainsi, une cellule ayant deux lots de chromosomes homologues – on l’appelle diploïde – peut pendant sa division se retrouver avec trois, quatre, cinq ou plus de lots de chromosomes homologues. Vous pouvez constater qu’en changeant le nombre de lots de chromosomes homologues d’une cellule, il y a changement d’espèce.

121. Cela me semble crédible dans le sens où deux individus ne pourraient pas se reproduire. Mais pouvez-vous me dire, quand est-ce que ce phénomène a été observé?

122. Bien sûr. Il y a plusieurs exemples : par exemple chez une plante de café, le blé, la pastèque, des crevettes, des papillons, les poissons killies.

123. Pouvez-vous me dire professeur ce que toutes ces choses que vous venez d’énumérer ont en commun?

124. Je ne comprends pas votre question Socrate…

125. Quelle méthode de reproduction est-ce que tous ces organismes utilisent?

126. Ah…eh bien ce sont tous des organismes qui se reproduisent asexuellement ou par autofécondation. C’est justement une des raisons principales pour laquelle elles peuvent justement augmenter leur nombre de lots de chromosomes homologues. Les biologistes s’accordent généralement à dire que la moitié des angiospermes sont apparues comme ça.

127. D’accord. Mais est-ce que c’est aussi le cas pour les organismes vivants qui ne se reproduisent ni asexuellement ni par autofécondation?

128. En fait, on a même observé de la polyploïdie chez les humains, mais les individus n’arrivaient jamais à la naissance.

129. Donc l’exemple des humains ne nous permet de rien conclure, et simplement par ce fait nous devrions sûrement réfuter toute cette théorie. La spéciation allopatrique est un mythe jusqu’à maintenant, et vous proposez comme méthode de spéciation la spéciation sympatrique qui ne fonctionne apparemment pas pour les êtres humains. Mais soit, je vais quand même continuer à vous en montrer l’absurdité. Avez-vous un exemple d’une espèce qui s’accouple par reproduction sexuée et qui ne peut s’autoféconder?

130. Pas que je me souvienne, mais je ne vois pas en quoi cela est important Socrate. La spéciation sympatrique a été observée chez les plantes, chez les protozoaires, des crevettes, des papillons, et les poissons killies. Vous ne trouvez pas que c’est suffisant?

131. Non, ce n’est pas suffisant. Vous affirmez que la spéciation arrive de cette manière. Si c’est vrai, alors elle doit arriver de cette manière pour toutes les formes de vie qui existent pour être vraie. Mais la seule chose que vous dites sur la spéciation sympatrique est qu’elle fonctionne pour ces plantes ci et ces animaux là. Ma question est la suivante : est-ce qu’elle fonctionne pour toutes les formes de vie? On sait que la spéciation allopatrique est un mensonge. Maintenant vous affirmez que vous croyez toujours à la spéciation parce que la spéciation sympatrique offre des preuves solides. Vous dites maintenant que la spéciation arrive par un changement du nombre de lots de chromosomes homologues dans les cellules. Ça peut être vrai. Mais si c’est vrai, alors ça doit être vrai pour toutes les formes de vie sur Terre, sinon la spéciation sympatrique ne serait vraie que jusqu’à un certain moment de l’échelle des espèces et à partir de là, la spéciation fonctionnerait d’une toute autre manière. Ça pourrait être le cas, mais ce n’est ni ce que vous dites, ni ce que tous les évolutionnistes affirment. Vous dites que c’est ainsi que la spéciation fonctionne, toujours. Toutes les preuves que les évolutionnistes utilisent pour justifier la spéciation sympatrique sont donc incomplètes et inconsistantes.

132.

133. Je vais vous poser une autre question qui vous montrera une fois de plus l’absurdité de la spéciation sympatrique. Vous dites que la spéciation sympatrique augmente le nombre de lots de chromosomes homologues dans une cellule. Dans ce cas, ne devrions-nous pas, en tant qu’espèce humaine, être l’espèce avec la plus grande polyploïdie puisque nous sommes l’espèce la plus avancée sur l’échelle de l’évolution? Mais en tant qu’humain, nous sommes diploïde, et l’arachide est tétraploïde! Comment résolvez-vous ce problème? Non seulement ça, mais la différence entre espèce ne se joue pas seulement au niveau de leur polyploïdie, elle se joue dans leur nombre de chromosomes, et la structure, l’information interne à chacun de leurs chromosomes. La spéciation sympatrique ne change pas la nature des chromosomes, elle ne fait qu’augmenter le nombre de lots de chromosomes homologues dans la cellule. Aucun nouveau chromosome différent n’est créé. Mais on retrouve dans les espèces des différences dans le nombre de chromosomes, dans leur structure, dans les gènes, et dans leur polyploïdie. La spéciation sympatrique ne traite que de la polyploïdie, alors comment expliquez-vous les autres différences?

134. En fait, Socrate, pour rester honnête, je dois vous avouer qu’il me manque des connaissances dans ce domaine pour répondre à votre question, désolé.

135. Mais est-ce que vous croyez toujours à la spéciation sympatrique?

136. Oui, bien sûr. Pourquoi?

137. Oh, professeur! Je pense avoir surestimé votre intelligence. Vous croyez en quelque chose que vous ne pouvez pas vous prouver! Je vous ai déjà montré plusieurs contradictions à l’intérieur de la spéciation sympatrique. Et vous venez de réaliser, à ma dernière question, qu’il vous manquait des preuves pour justifier la validité de cette théorie, mais y croyez toujours! Pourquoi?

138.

139. Nous nous sommes mis d’accord ensemble pour dire que les expériences sur la spéciation allopatrique étaient totalement insuffisantes et nous empêchaient donc d’accepter la spéciation allopatrique comme un fait scientifique, et cette idée gardait le statut de théorie jusqu’à maintenant improuvable. Et en science, on commence toujours par ce qu’on sait être vrai, et non pas par ce qu’on soupçonne être vrai! Ensuite vous avez dit que vous croyiez malgré tout que la spéciation était tout de même vraie, alors vous avez affirmé que son vrai fonctionnement était appelé spéciation sympatrique. Vous avez admis qu’elle avait été observée sur plusieurs formes de vie. Ensuite, je vous ai montré les contradictions suivantes : d’abord, que pour justifier la spéciation sympatrique comme une vérité, elle devait être vraie pour toutes les formes de vie, ce qui n’a clairement pas été prouvé. Ensuite, je vous ai montré que la polyploïdie augmente le nombre de lots de chromosomes homologues dans les cellules d’un individu, mais elle ne change pas le nombre de chromosomes ni leur structure. Ainsi la spéciation sympatrique ne résout aucun problème. Je vous ai ensuite demandé de résoudre ces contradictions et vous avez répondu que vous n’aviez pas assez de connaissance dans le domaine pour répondre. Peut-être que votre problème n’est pas un manque de connaissance, mais plutôt un manque d’honnêteté et de bon sens : peut-être n’y a-t-il aucune façon de résoudre ces contradictions, et peut-être que la spéciation sympatrique n’est qu’un mensonge! Mais vous avez peur d’envisager cette possibilité : vous ne vous êtes pas posé cette question une seule fois depuis le début de notre rencontre. Vous avez toujours commencé votre argumentation en supposant que la spéciation était un fait établi, au lieu de chercher à comprendre pourquoi elle était vraie, ou fausse. Je vous ai montré continuellement à quel point les expériences et les arguments en faveur de la spéciation étaient fallacieux ou totalement incomplets et impertinents, mais vous avez toujours répondu : « oui, c’est vrai vos arguments sont vrais Socrate, mais il doit y avoir de l’information additionnelle que je ne connais pas qui prouve cette théorie. » Pourquoi est-ce que ça serait le cas? Vous prétendez être un scientifique? Vous vous comportez de manière têtue et bouchée. Vous ne devriez pas être tant attaché à la théorie de l’évolution, surtout à la spéciation; il ne s’agit pas d’une question de vie ou de mort! Rappelez-vous du jour où vous avez appris que le Père Noël n’existait pas : vous n’en êtes pas mort! Ça vous a sûrement déçu, ou fâché, mais après un certain temps, vous vous êtes posé la question suivante : d’où viennent tous mes cadeaux, si ce n’est pas le Père Noël qui me les donne? » Et vous avez compris que c’était vos parents qui vous les offraient! Ça ne vous a pas rempli le cœur de bonheur que de l’apprendre? « Mes parents m’aiment! » Même si la spéciation était vraie, vous avez clairement démontré que vous ne savez pas pourquoi elle est vraie, alors pourquoi devriez-vous l’accepter comme une vérité? Le monde ne va pas arriver à sa fin simplement parce que vous ne savez pas si elle est vraie ou non, et que vous acceptez de suspendre votre jugement sur cette théorie jusqu’à ce que vous ayez des preuves concrètes.

140. À ce moment, un autre professeur entre dans le bureau, et dévisage Socrate.

141. Qu’est-ce qui se passe ici?

142. Ah, salut Richard. Je te présente Socrate, c’est un ami de Clara avec qui je discute de la théorie de l’évolution.

143. Bonjour Socrate. C’est donc vous que j’entends depuis une heure argumenter sur la validité de la théorie de l’évolution.

144. Oui, c’est moi. Et vous êtes…?

145. Je suis un professeur à temps partiel ici. Mon bureau est juste à côté. J’ai entendu la plupart de vos arguments, et je dois vous dire que malgré votre exubérance, vous possédez une capacité analytique plutôt rapide. Néanmoins, vous démontrer aussi clairement que vous manquez de connaissance sur ce sujet. Il vous manque beaucoup d’information! Par curiosité, j’aimerai vous demander quelles sont vos qualifications dans ce domaine s’il vous plaît?

146. Haha, voilà le syndrome des baby-boomers!! Je ne vois pas du tout la pertinence de votre question, mais si ça peut vous faire plaisir, j’ai un diplôme en physique quantique.

147. (Clara : Mais tu ne me l’as jamais dit Socrate!)

148. Il y a plus de choses qu’on ne sait pas dans la vie que de choses qu’on sait, Clara!

149. Intéressant. Puis-je vous demander, Socrate, où vous avez étudié?

150. Sans problème. J’ai étudié à l’université Oxford. Et puis-je vous poser la même question, professeur?

151. Bien sûr. J’ai un bac en biologie moléculaire de l’université du Texas, puis j’ai fait ma maîtrise et mon doctorat à Harvard. Ma thèse traitait justement du lien entre l’évolution et la biologie moléculaire.

152. Bref, et pourquoi avez-vous pris la peine de vous déplacer jusqu’ici, docteur?

153. Vous me flatter, Socrate, mais je dois vous dire la vérité : vous déshonorez vos collègues d’Oxford quand vous parlez de la théorie de l’évolution; vous devriez rester dans votre domaine, la physique quantique. Il s’agit simplement d’un conseil d’ami, vous savez.

154. Eh bien, je suis content de voir que vous vous souciez de ma réputation et de ma santé mentale, parce qu’il en va de même pour moi à votre égard! Peut-être pourriez-vous commencer par me dire où j’ai eu tort dans mon raisonnement, docteur.

155. Il y aurait plusieurs manières de commencer, mais je commencerai par la façon la plus rapide. Reconnaissez-vous le fait que des mutations génétiques arrivent dans une population?

156. Haha! Je vois déjà où vous vous diriger, mais je vais vous laisser le plaisir de vous tromper. Oui, je reconnais le fait que des mutations existent. On sait que plusieurs maladies ont leur origine dans des mutations. Je parie que la prochaine chose que vous allez me demander est la chose suivante : des mutations favorables feront partie, par la sélection naturelle, du bagage génétique de l’espèce. Ai-je raison?

157. En effet. Bien vu. Ainsi, vous reconnaissez le fait que nous pouvons passer d’une espèce avec un certain gène à une espèce avec une autre forme, meilleure, de ce gène après plusieurs générations?

158. Oui, mais j’espère que vous reconnaîtrez qu’il s’agit toujours de la même espèce.

159. Ouais, en fait vous savez, de nos jours, la définition d’espèce n’est plus tellement claire. On pourrait dire qu’il s’agit de la même espèce, ou de deux espèces différentes…

160. S’il vous plait, professeur, ne jouez pas au sophiste!!

161. Ce n’est pas si important en fait si j’accepte le fait qu’il s’agisse ou non de la même espèce. Ça dépend de la mutation. Si cette mutation n’entraîne pas un changement d’espèce, alors une succession de mutations engendrera ce changement. Est-ce que vous comprenez maintenant ce que vous avez oublié de tenir en compte dans votre raisonnement Socrate? Vous avez oublié que des mutations apparaissent dans une espèce, et qu’un certain nombre de mutations, à travers une durée assez longue, changera l’espèce en une nouvelle espèce. C’est ça la spéciation.

162. D’accord. Suivons votre argument, et raisonnons scientifiquement. Soit une espèce S1. Soit G1 une première génération de S1. Disons qu’une première mutation M1 apparaisse dans la génération G2. Ce que vous dites, en gros, est qu’un certain nombre N de mutations, apparaissant au hasard ou par pression extérieure, transformera S1 en une nouvelle espèce S2 à la génération GX. Est-ce exact?

163. Oui, c’est exactement ça. N mutations sur une longue période de temps qui peut être des milliers ou des millions de générations plus tard, on arrivera à une autre espèce.

164. D’accord. Alors la création d’une nouvelle espèce ne se fait pas de manière ponctuelle mais s’étend sur une longue période de temps, c’est ça?

165. Oui. Ça prend énormément de temps à arriver. On ne peut pas le constater ou l’observer en tant qu’humains, notre temps de vie est trop court.

166. D’accord. Laissez-moi vous poser la question suivante : disons que la première génération G1 donne naissance à la seconde génération G2 sans qu’aucune mutation n’apparaisse. Est-ce que les individus de G1 et G2 appartiennent à la même espèce?

167. Qu’est-ce que vous voulez dire?

168. Ce n’est pas une question très compliquée, docteur. Est-ce que les individus de G1 peuvent se reproduire avec les individus de G2 et produire des individus fertiles?

169. Vous me demander si un mâle de G1 peut se reproduire avec une femelle de G2 sachant qu’aucune mutation n’est apparue?

170. Exactement.

171. Oui, c’est sûr que oui. C’est comme si vous me demandiez si ma mère et moi étions de la même espèce, c’est évident. Je pourrai l’enfanter, je ne le ferai pas, mais c’est scientifique possible.

172. Bien, donc G1 et G2 quand aucune mutation n’apparaît, font partie de la même espèce. Est-ce que vous êtes d’accord avec moi si je dis que G1, G2, G3, G10 et toute autre génération GX seront toutes capables de se reproduire entre elles si aucune mutation n’apparaît?

173. Oui, je suis d’accord. Scientifiquement, je peux avoir des enfants avec ma grand-mère, mon arrière-grand-mère, etc. si elles étaient toujours en vie et fertile. Nous appartenons à la même espèce. Mais ce n’est pas ce dont je vous parle en ce moment, je vous parle de générations où des mutations apparaissent!

174. D’accord. Prenons le cas de G2 qui porte un gène muté M1. Est-ce que G2 et G1 appartiennent à la même espèce? En d’autres mots, est-ce qu’ils peuvent se reproduire entre eux et produire individu fertile?

175. Comme je vous ai dit plus tôt, ça dépend de la mutation, mais normalement il faut plus d’une mutation pour que le changement d’espèce intervienne.

176. Donc une mutation ne suffit généralement pas?

177. Non, ce n’est pas suffisant. Il en faut plus.

178. D’accord, donc G1 et G2 appartienne toujours à la même espèce S1.

179. Oui, dans un sens, oui.

180. Qu’est-ce que vous voulez dire par ‘dans un sens’? Est-ce qu’ils appartiennent ou non à la même espèce si la mutation n’a pas été suffisante pour engendrer une spéciation?

181. Ok, oui, ils sont la même espèce.

182. Et si G5 portait une mutation additionnelle, est-ce que G1 et G5 seraient la même espèce?

183. Franchement, Socrate! Deux mutations non plus ne sont pas suffisantes pour créer un changement d’espèce! J’ai dit qu’il en faut beaucoup et qu’il faut beaucoup de temps pour que la spéciation arrive! Il faut des centaines, des milliers, voire des millions de générations pour passer d’une espèce à une autre.

184. D’accord. Admettons alors qu’il faut un million de générations pour que le changement d’espèce intervienne. Alors G1 et G1000000 sont deux espèces différentes.

185. Je suis d’accord.

186. Est-ce que G99999 et G1000000 sont la même espèce?

187. Quel genre de question est-ce que vous me posez Socrate?

188. C’est une question assez simple, docteur. Est-ce que l’avant dernière génération est la même espèce que la dernière génération?

189. Comment suis-je sensé savoir?

190. C’est vous qui affirmez que c’est ainsi que la spéciation fonctionne, vous devriez savoir!!

191. Mais vous ne comprenez pas Socrate, le changement d’espèce se fait de manière graduelle!

192. Qu’est-ce que ça veut dire? Est-ce que ça veut dire que si je prends une génération quelconque Gn et que je la compare avec une génération Gn+x où une mutation est apparue, elles ne seront pas de la même espèce, mais ne seront pas deux espèces différentes non plus, mais seront partiellement différentes? Gn+x aura graduellement commencé à devenir une autre espèce, c’est ça?

193. Oui, c’est ça! C’est exactement ce qui se passe!

194. D’accord, donc Gn et Gn+x sont deux espèces intermédiaires, à mi-chemin entre l’espèce originelle et l’espèce finale?

195. Précisément.

196. Et donc le changement de G1 à G1000000 est graduel. Si nous prenions maintenant deux individus de sexe opposé, un de Gn et l’autre de Gn+x et qu’on essayait de les reproduire entre eux, est-ce qu’on réussirait, ou non?

197.

198. Vous avez dit que Gn et Gn+x ne sont ni la même espèce ni deux espèces différentes mais plutôt deux espèces intermédiaires. Que se passe-t-il alors si on essaye de les reproduire? Est-ce que ça marche par moment, et par d’autres moments ça ne marche pas?

199.

200. Évidemment, c’est absurde! Des espèces intermédiaires, ça n’existe tout simplement pas!! Soit un individu fait partie d’une espèce ou il n’en fait pas partie, il n’y a pas de milieu, de peut-être, ou de des fois. Je vais donc vous demander de nouveau, en oubliant la première réponse que vous m’avez donné : est-ce que Gn et Gn+x appartiennent ou non à la même espèce?

201.

202. Vous ne savez pas quoi répondre, et c’est peut-être mieux comme ça, en tenant en compte tout ce que vous avez dit jusqu’à maintenant. Vous avez deux choix de réponses : oui ou non. Nous examinerons chacune de ces deux réponses et nous verrons si leurs conséquences sont possibles ou non. Alors la première réponse est « oui, il s’agit de la même espèce ». Où est-ce que cela nous mène? Gn et Gn+x sont la même espèce. Prenons Gn+x et Gn+x+y où une nouvelle mutation est apparue. C’est le même cas que tout à l’heure, deux espèces consécutives où une mutation est apparue. Il ne s’agit pas d’espèces intermédiaires. Elles appartiennent à la même espèce ou à deux espèces différentes. On a supposé que Gn et Gn+x étaient la même espèce, nous n’avons donc pas de raison de répondre différemment avec Gn+x et Gn+x+y. Gn+x et Gn+x+y sont la même espèce, alors par transitivité, Gn et Gn+x+y sont la même espèce. De même, Gn+x+y et Gn+x+y+z seront la même espèce, tout comme Gn. On peut faire la même chose éternellement de Gn à Gn+a où n+a=1000000. Alors Gn+a sera la même espèce que Gn. Et si on prend n=1, alors on a G1 est la même espèce que G1000000! La première génération et la dernière sont la même espèce : nous n’avons aucune spéciation! Il ne nous reste qu’un choix pour valider votre théorie des mutations.

203.

204. Vous pourriez dire « non, Gn et Gn+x sont deux espèces différentes. » Si Gn et Gn+x sont deux espèces différentes alors la spéciation est arrivée entre Gn et Gn+x, de manière spontanée! Si vous voulez que la théorie de spéciation survive, c’est ce que vous devez accepter. Ça ne peut arriver que ponctuellement. Maintenant qu’on a découvert le voile mystique qui nous disait que « la spéciation prend beaucoup de temps », je peux vous poser la question suivante : comment est-ce qu’un couple d’une espèce donne naissance à un individu d’une espèce différente? Scientifique, génétiquement, comment est-ce que cela se produit?

205. Écoute Socrate, je crois qu’il est temps pour toi de partir de ce bureau tout de suite.

206. Ah, je comprends. Le moment vient pour moi de partir quand vous comprenez que vous avez tort! Haha! Au moins je sais que vous reconnaissez votre erreur.

207. Non, non, non, ce n’est pas ça. Je crois que mon collègue et moi nous vous avons assez écouté, et nous voulons que vous partiez, d’accord?

208. Je comprends que vous vouliez que je parte. Je ne suis pas certain de pourquoi vous voulez que je parte par contre. J’ai une vague idée. En fait, tout d’abord je suis certain que vous reconnaissez le fait que vous aviez tort et que j’avais raison. Mais c’est des choses qui m’arrivent aussi, vous savez. C’est le prix à payer pour se proclamer philosophes et scientifiques : nous étudions la vérité et nous sommes voués à avoir tort de temps à autre. Mais ce qui me préoccupe plus est votre réaction. Vous vous énervez maintenant et vous ne vous laissez pas la chance de corriger vos erreurs et d’apprendre quelque chose de nouveau, quelque chose de vrai.

209. Bon, ça suffit, si vous ne partez pas immédiatement, j’appelle la sécurité.

210. (Clara : Allez, Socrate, allons-y maintenant.)

211. On va y aller, mais donne-moi encore deux petites minutes Clara. Alors maintenant vous utilisez des menaces pour me faire partir. Vous avez l’air d’avoir très peur de moi, professeur. Mais qu’ai-je fait pour vous faire peur? Je n’ai pas une réputation de faire du mal aux gens pourtant! J’aimerai vous réconforter parce que je vois que vous avez peur de moi mais je vous supplie de me croire : je ne vous veux pas de mal. J’essaie de vous aider. Je pense que je vous offrirai des fleurs et une carte postale la prochaine fois que je passerai près de votre bureau pour vous consoler. Vous savez ce n’est pas grave d’avoir tort à propos d’un sujet comme la spéciation!! Quelle importance est-ce que cette théorie a dans votre vie? Regardez comme il faut : ce n’est rien, il y a beaucoup de choses beaucoup plus importantes que ça.

212. Ça y’est, j’appelle la sécurité.

213. Franchement, professeur, à qui mentez-vous d’autre qu’à vous même? Prenez une bonne respiration et un peu de recul et posez vous la question suivante : qu’est-ce que la spéciation représente dans ma vie? Si vous constatez que ça ne représente rien de très important pour vous, mais vous continuez à y croire même après que je vous ai montré l’absurdité de vos arguments, vous agissez de manière bête et enfantine, et je sais que vous pouvez mieux agir que ça. D’un autre côté, si vous réalisez que c’est quelque chose de très important pour vous et que vous persistez à y croire, à l’enseigner et à la défendre férocement alors vous vous comportez vraiment comme un diable, et vous devriez être traiter comme un criminel. Et si vous admettez que vous croyez en quelque chose, sans preuve raisonnable à l’appui, vous avez encore tout le temps de replonger dans cette théorie d’une toute nouvelle manière pour vérifier si cette théorie est vraie ou non. Si vous découvrez, rationnellement, qu’elle est vraie, alors vous retirerez énormément de plaisir et de satisfaction de votre découverte. Si par contre vous réalisez qu’elle est fausse, alors des milliers de portes s’ouvriront à vous, autant de nouvelles voies pour approcher le problème d’une nouvelle manière! Si vous êtes vraiment un scientifique et quelqu’un de vraiment dédié à la recherche de la vérité, alors c’est ce que vous ferez.

214. Socrate et Clara sortent du bureau ensemble. Socrate raccompagne Clara chez elle.

215. Pourquoi est-ce que tu ne m’as jamais dit que tu avais un diplôme d’Oxford en physique quantique, Socrate?

216. Haha! Parce que ce n’est pas vrai!!

217. Quoi?? Alors pourquoi est-ce que tu as dit ça au professeur qui est rentré à la fin?

218. Parce que c’est un de ces baby-boomers qui trouve que c’est un privilège de lui parler. En gros, ils ont peur que quelqu’un avec du sens commun expose leurs mensonges et les mythes qu’ils propagent dans leur travail, consciemment ou non. Ils se disent des scientifiques : ce ne sont même pas des êtres humains encore! Alors c’est leur manière de dire : « J’ai un diplôme, donc j’ai une autorité sur ce sujet, sur tous les autres qui n’ont pas le même diplôme que moi. »

219. Mais c’est totalement arrogant ça, Socrate! Pourquoi est-ce qu’ils pensent comme ça?

220. Je dirai que c’est par sentiment de vengeance.

221. Vengeance par rapport à quoi?

222. En fait, ces gens qui exposent leurs diplômes sur tous les toits avec arrogance l’ont obtenu par simple mémorisation. Je t’explique : à travers leurs années à l’école et à l’université, ils n’ont rien appris d’autre qu’à passer un examen. Et je ne les plains pas parce que c’est ce que la plupart des écoles apprennent! Tu écoutes ton professeur, assis pendant une heure ou plus, tu mémorises le plus que tu peux, et ensuite tu répètes tout ce que tu peux pendant l’examen. Alors tu dois accepter, si tu veux une bonne note, tout ce que le professeur dit. Et le professeur dit ce que le ministère de l’éducation lui dit d’enseigner.

223. Et qui dit au ministère de l’éducation quoi enseigner?

224. Normalement les citoyens qui élisent les politiciens, quand ils votent et quand ils s’occupent de la politique de leur pays! Maintenant, si tu as un bon professeur, ce n’est pas si mal parce que par moments tu pourras pousser certaines questions plus loin et apprendre quelque chose par toi-même, mais la structure actuelle du système d’évaluation fait que tu devras toujours mémoriser, accepter ce qu’on te dit et le répéter. Alors l’école, en général, se fout littéralement de ce que tu penses. Ça change peut-être quand tu arrives à la maîtrise, et encore, seulement pour certains programmes, et avec certains professeurs. Alors tu dois attendre environ 15 ans avant de faire quelque chose de créatif à l’école, surtout en science et en philosophie!! Alors ce qu’il se passe c’est que certaines personnes se fixent comme objectif d’avoir une maîtrise ou un doctorat pour assurer leur avenir. Les personnes vraiment motivées et fortes pourront se rendre jusqu’au bout avec une créativité et une imagination encore assez intacte; mais beaucoup d’entre eux arriveront jusqu’à là après avoir payé le gros prix : une individualité, une subjectivité et une intuition détruite. Alors ces individus auront souffert pendant toutes ces années mais auront une certaine fierté masochiste face à cette douleur, parce que c’est ce qui leur aura permis d’acquérir une sécurité financière et une reconnaissance sociale. Alors, pour eux, inconsciemment, ils sont récompensés pour réprimer leur imagination et leur individualité! C’est ce que ces gens ont appris à l’école et c’est ce qu’ils ressentent qu’ils doivent faire en tant que professeur. Maintenant, si tu n’as pas de diplôme, tu n’es pas passé par toute la douleur qu’ils ont dû endurée. Alors pour eux, tu ne parles pas le même langage de répression qui est le standard dans le milieu académique pour pouvoir dire « Je sais quelque chose. » C’est comme une secte : tu montes les échelons un à un, sans savoir ce qui t’attend après, et c’est comme ça que tu atteints la sagesse et la liberté, en arrivant au bout de l’escalier fatigué, blessé, corrompu, mais convaincu que tu occupes un poste privilégié et que tu le mérites. Imagine que c’est comme ça que tu as obtenu ton diplôme de biologie, et que quelqu’un vienne te voir, qui n’a pas souffert toutes ces choses et qui te parle librement et intelligemment de la théorie de l’évolution, comment réagirais-tu? Seras-tu remplie de jalousie ou d’admiration?

« Il y a une question que j’aimerais vraiment poser :

Y a-t-il une place pour le pécheur sans espoir

Qui a blessé l’humanité juste pour sauver ses croyances? »

– Bob Marley, One Love